Hausse des redevances d’ADP : l’IATA s’attend à des billets d’avion plus chers en France

 

Avions au Terminal 2F de l'aéroport Paris Charles de Gaulle - CC Wikimedia Commons / Greenboost

L’International Air Transport Association (IATA) a estimé vendredi que la décision du gouvernement français d’autoriser Aéroports de Paris (ADP) à pratiquer de nouvelles hausses pour les redevances aéroportuaires durant les cinq prochaines années se traduira par des billets d’avions plus coûteux en France pour les passagers et par une perte de compétitivité pour le pays. L’association appelle le gouvernement à revenir sur sa décision.

L’IATA, qui représente plus de 250 compagnies aériennes et 83% du trafic mondial, s’est montrée très critique le 31 juillet sur les orientations du Contrat de Régulation Economique (CRE3) 2016-2020. Ce contrat qui sera signé entre l’Etat et ADP fixe le plafond d’évolution tarifaire pour les redevances payées par les compagnies aériennes sur les plateformes parisiennes d’Orly et Charles de Gaulle à 1,0% par an en moyenne, en plus de l’inflation, sur les cinq ans à venir.

Cela ne va pas dans le bon sens, selon le Directeur général de l’IATA, qui souligne que la connectivité est « cruciale » pour les économies modernes. « La France ne fait pas exception. Rendre cette connectivité plus coûteuse à un moment où l’amélioration de la compétitivité est une préoccupation fondamentale n’est tout simplement pas une solution » , dit-il, avant d’ajouter : « avec cette décision, les passagers devront davantage mettre la main à leur portefeuille pour voyager en avion depuis, vers, et à l’intérieur de la France. En parallèle, toutes les entreprises qui s’investissent sur les marchés mondiaux seront également affectées. Je demande instamment au gouvernement de revoir sa position » .

L’IATA déplore que le gouvernement français n’ait pas suivi les recommandations de la Commission Consultative Aéroportuaire (CCA). Celle-ci a en effet préconisé en juin dernier de limiter la hausse des redevances à l’inflation, voire de les réduire en dessous de l’inflation (-0,7% à -1%), en compensant ces revenus moindres pour ADP par la contribution des activités de détail à l’intérieur des terminaux.  L’intérêt public aurait été « mieux servi » , selon l’IATA.

« Il est profondément décevant que le gouvernement ait choisi d’ignorer cette occasion en or » , déplore le Directeur général de l’association. La décision prise rendra « les voyages plus coûteux pour les affaires et le tourisme français » , prévoit-il.

L’IATA ajoute ainsi sa voix aux réprobations venues de toute part après la décision du gouvernement.

La Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM), qui regroupe plus de 95% du secteur du transport aérien français (Aigle Azur, Air Caraïbes, le groupe Air France, Corsair International et XL Airways), a parlé de son côté d’un « signal très négatif » , notamment pour l’emploi.

Le CIS, collectif des Organisations Syndicales Représentatives des Salariés du transport aérien (CFE-CGC, SNPNC, UNSA aérien, CFDT Air France, FO, SNPL France Alpa, UNAC, CFTC et FNEMA) a évoqué quant à lui « un arbitrage partisan et intéressé » , et condamné « avec la plus grande fermeté » la décision du Premier ministre « qui risque de compromettre les négociations difficiles qui s’annoncent dans toutes les entreprises » .

Photo : Avions au Terminal 2F de l’aéroport Paris Charles de Gaulle – CC Wikimedia Commons / Greenboost

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