Europe : Air France-KLM, easyJet, IAG, Lufthansa et Ryanair font front commun

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Ils se font concurrence tous les jours et leurs stratégies divergent, mais les cinq plus grands groupes européens de transport aérien ont décidé de faire front commun et travailler ensemble pour soumettre des propositions à la Commission Européenne dans le cadre de son « paquet aviation » visant à refondre le transport aérien en Europe.

Au cours d’une réunion à Bruxelles le 17 juin qui les a réunis pour la première fois, les PDG d’Air France-KLM, easyJet, International Airlines Group (IAG), Lufthansa et Ryanair se sont mis d’accord sur quatre propositions destinées à Violeta Bulc, la nouvelle Commissaire européenne aux transports.

Cette dernière vient de lancer en effet une consultation pour la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie européenne pour le transport aérien, « le paquet aviation » . « Celui-ci serait comparable à la révolution qu’a constituée la création du marché intérieur de l’aviation civile qui a permis la libéralisation du transport aérien en Europe » , expliquent les cinq transporteurs dans un communiqué commun.

Les quatre mesures qu’ils proposent permettraient selon eux de renforcer la compétitivité du secteur, tant au niveau européen qu’à l’international, de soutenir la croissance ainsi que créer des emplois dans toute l’Europe. Les clients seraient également bénéficiaires grâce à un plus grand nombre de vols à des tarifs moins élevés.

Ces mesures sont les suivantes :

  • Développer une nouvelle stratégie européenne pour le transport aérien, avec un plan prévoyant un cadre réglementaire simple et efficace, qui devrait permettre aux compagnies aériennes européennes de gagner en compétitivité, soutenir la croissance et créer des emplois grâce à l’ innovation (ex. : Horizon 2020), défendre les intérêts des consommateurs et accroître l’efficacité pour réduire les coûts.
  • Réduire les coûts des aéroports de l’Union européenne en faisant en sorte que les aéroports en situation de monopole fassent l’objet d’une réglementation efficace, que les passagers bénéficient pleinement des recettes commerciales qu’ils génèrent dans les aéroports, et que les frais de sureté soient utilisés efficacement. À cette fin, l’une des solutions serait de réformer la directive sur les redevances aéroportuaires.
  • Mettre en place un espace aérien fiable et efficace en réduisant les coûts des prestations de contrôle du trafic aérien, faire en sorte que les opérations de contrôle du trafic aérien n’entraînent pas de perturbations pour les vols en Europe, repenser la stratégie du Ciel unique européen en se concentrant sur l’utilisation des nouvelles technologies pour gagner en efficacité, et utiliser le programme de financement SESAR pour respecter le cadre réglementaire du Ciel unique.
  • Soutenir l’activité économique et la création d’emplois en mettant en place un cadre réglementaire adapté, en supprimant les redevances passagers et les taxes environnementales abusives.

« Les mesures proposées permettraient de créer des centaines de milliers d’emplois (notamment pour les jeunes, à un moment où le chômage des jeunes est particulièrement élevé dans des pays comme l’Italie ou l’Espagne) et d’augmenter le PIB de l’Europe. Le groupe soumettra ces mesures à mettre en place à la Commissaire européenne aux transports, Violeta Bulc » , ont déclaré ensemble les cinq PDG, Alexandre de Juniac, Carolyn McCall, Willie Walsh, Carsten Spohr et Michael O’Leary.

« C’est la première fois que nous mettons de côté nos luttes concurrentielles pour souligner l’importance d’une nouvelle stratégie européenne pour le transport aérien » , ont-ils souligné.

« La libéralisation qu’a connue l’aviation civile en Europe dans les années 90, par la création d’un marché unique entièrement libéralisé doté d’un cadre réglementaire commun complet il y a 18 ans, a considérablement renforcé la concurrence sur le marché européen. Les consommateurs ont ainsi pu profiter de tarifs bien plus bas et d’un plus grand nombre de vols en Europe et dans le reste du monde. Dans le même temps, les compagnies aériennes de l’Union européenne ont conservé les mêmes normes de sécurité optimales. La diversité et la qualité des services proposés se sont accrues et les coûts des compagnies aériennes ont diminué de 1 à 2 % par an au cours des vingt dernières années. (…) Nous souhaitons que cette baisse s’accompagne à présent d’une réduction des coûts sur lesquels les compagnies aériennes elles-mêmes n’ont aucun contrôle » , ont également affirmé Alexandre de Juniac, Carolyn McCall, Willie Walsh, Carsten Spohr et Michael O’Leary.

Les cinq PDG ont réitéré leur soutien à une libéralisation du secteur aéronautique mais aussi à une politique concurrentielle et plus réglementée au sein de l’UE. Ils ont également confirmé, comme principe général, leur opposition à l’octroi d’aides publiques aux compagnies aériennes et aux aéroports. Ils se sont prononcé en faveur de mesures pour réduire l’impact environnemental de l’aviation civile  et d’une approche équilibrée des droits des usagers.

Les PDG ont accepté d’inciter ensemble la Commission et les États membres de l’UE à appliquer les mesures suggérées.

Par ailleurs, ils ont convenu que la manière dont les compagnies aériennes sont actuellement représentées à Bruxelles, avec six organisations représentatives des compagnies aériennes, n’est pas aussi efficace qu’elle devrait l’être et ont accepté d’envisager d’autres formes de représentation à l’avenir.

Ensemble, Air France-KLM, easyJet, International Airlines Group (IAG), Lufthansa et Ryanair représentent un total de 420 millions de passagers pour l’année 2014, ce qui correspond à la moitié des déplacements de voyageurs en Europe.

Rappelons que de son côté, Etihad Airways a également fait des propositions à la Commission Européenne dans le cadre du « paquet aviation » .

Photo : © EASA

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