Privatisation de TAP : trois candidats dont Avianca et Azul

Airbus A340-300 de TAP Portugal - cc wikimedia

Trois candidats différents ont soumis au gouvernement portugais une proposition pour acquérir jusqu’à 61% du capital de la compagnie aérienne nationale TAP dans le cadre de sa privatisation , a annoncé vendredi le secrétaire d’Etat aux Transports Sergio Monteiro. Les candidats intéressés avaient jusqu’au 15 mai 16h00 GMT pour déposer leur offre. Si le secrétaire d’Etat n’a pas dévoilé l’identité des acquéreurs potentiels, il s’agit selon l’agence de presse Lusa de German Efromovich, qui contrôle Avianca; David Neelman, fondateur de JetBlue et dirigeant d’Azul; ainsi que Miguel Pais do Amaral, un entrepreneur portugais.

German Efromovich fait son retour dans ce dossier. Il s’était déjà porté acquéreur lors de la première tentative de privatisation en 2012, mais les garanties bancaires qu’il apportait n’avaient pas convaincu le gouvernement à l’époque, qui avait rejeté son offre et suspendu la procédure où il était le seul candidat. Homme d’affaires aux multiples passeports, German Efromovich contrôle via sa holding Synergy Aerospace la compagnie colombienne Avianca, membre de Star Alliance comme TAP. En mettant la main sur le transporteur portugais, leader sur le marché Europe – Brésil, il pourrait créer d’importantes synergies avec la filiale brésilienne d’Avianca, Avianca Brasil, tout en s’implantant en Europe où il n’a jamais caché ses ambitions.

David Neelman est le fondateur des low-cost américaine JetBlue et brésilienne Azul. Bien que ne manquant pas de capital, il s’est allié pour la circonstance au travers d’un consortium à un homme d’affaires portugais, Humberto Pedrosa. Americano-Brésilien, il apporte dans sa valise un savoir-faire reconnu en matière de développement de compagnies aériennes. Il compte appliquer à TAP la même stratégie que celle mise en place pour JetBlue et Azul : acquisition d’avions neufs plus performants (principalement des Airbus), multiplication des lignes, en particulier vers les Etats-Unis, voire la zone Amérique Latine – Caraïbes, et possibilité de verser 10% des bénéfices aux employés. Son arrivée à Lisbonne pourrait métamorphoser TAP.

Le portugais Miguel Pais do Amaral est le troisième candidat à cette privatisation, en présentant une proposition au nom de Quifel Holdings. Il s’agit du vol inaugural de cet aristocrate dans le secteur de l’aviation. Bien connu au Portugal, l’homme d’affaires a essentiellement investi dans les médias et l’édition via son groupe Leya, mais il est également présent dans les ressources naturelles, les énergies renouvelables et l’immobilier.

A présent que les offres sont déposées, le gouvernement veut agir rapidement alors que se profilent des élections. Le Parti Socialiste, actuellement dans l’opposition, a menacé de remettre en cause la privatisation s’il était élu.

Le ministre de l’Economie, António Pires de Lima, a indiqué jeudi qu’il espérait boucler le processus d’ici la fin du mois de mai. Pour autant, aussi bien TAP que la société d’Etat qui la détient, Parpublica, doivent se prononcer sur les propositions de chacun des candidats, tandis qu’une commission ad hoc surveille les modalités de mise en vente.

TAP est lourdement endettée, à hauteur d’un milliard d’euros. L’Etat portugais ne peut injecter de capital en raison de la réglementation européenne sur les aides publiques. La compagnie a enregistré une perte nette de 46 millions d’euros en 2014, après des retards de livraison de nouveaux avions et des grèves à répétition.

Le gouvernement a décidé en novembre 2014 de relancer le processus de privatisation, en cédant 61% du capital, et en gardant 34% qu’il pourra céder dans les deux ans. Les 5% restants seront offerts aux employés.

Les pilotes de TAP demandaient pour leur part qu’entre 10 et 20% de la compagnie leur soient attribués, ce qu’a refusé le gouvernement, provoquant une grève de 10 jours en mai et l’annulation d’environ 30% du programme des vols, avec un coût estimé à environ 35 millions d’euros.

En outre, selon le cahier des charges pour la privatisation, le futur repreneur ne pourra pas mettre en oeuvre un plan social tant que l’Etat gardera une partie du capital.

Un moment intéressé, le groupe Globalia, qui détient Air Europa, a jeté l’éponge.

TAP exploite 77 appareils, soit 21 Airbus A319, 19 A320, 3 A321, 14 A330-200, 4 A340-300, 2 ATR42-600, 8 Embraer ERJ145 et 6 Fokker 100. Elle opère cette flotte vers 84 destinations dans 35 pays. Elle a commandé 12 A350-900 XWB.

Le groupe comprend également une filiale d’entretien aéronautique au Brésil (TAP M&E), la compagnie régionale Portugalia et 49,9% du bagagiste Groundforce.

Le rachat de TAP sera soumis à l’approbation des autorités de la concurrence européenne et brésilienne.

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