Le patron de Ryanair a une recette miracle pour redresser Air France

Michael O'Leary, PDG de Ryanair, embrassant un Boeing 737-800 NG

Michael O’Leary, PDG de Ryanair

Toujours provocateur, le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, a dévoilé dimanche le remède qu’il appliquerait à Air France pour redresser ses comptes.

Répondant le 26 avril à une interview du Journal du Dimanche, le patron de la low-cost Irlandaise a indiqué qu’il ne croyait pas à la stratégie actuellement menée pour sauver Air France. « Comme Lufthansa, pendant des années, Air France a fait payer un maximum sur les vols long-courrier pour financer les pertes sur les vols domestiques. Avec la concurrence des compagnies du Golfe et américaines, Air France ne peut plus compter sur le long-courrier comme vache à lait. Et va devoir fermer des vols » , a-t-il précisé.

Michael O’Leary ne croit pas non plus au développement de Transavia, la filiale à bas coûts d’Air France, quand il voit « comment la compagnie a dû faire marche arrière face à la colère de ses pilotes… » . Et la réorganisation de la filiale régionale HOP! ne lui inspire qu’un seul mot : « Pfff… » .

Pour redresser les finances d’Air France, le dirigeant préconise des mesures d’une nature toute différente : « Vendre KLM » , car Air France ne « fait rien pour la développer » , dit-il, semblant ignorer que KLM a pratiquement doublé de taille depuis sa fusion avec Air France en 2004. En outre il fermerait « les lignes qui perdent de l’argent » . Et pour faire bonne mesure, il ne s’arrêterait pas au démantèlement du groupe et vendrait « 20 ou 25% du capital d’Air France à une compagnie du Golfe » .

En fait, le patron de Ryanair a des sentiments mitigés sur la France, troisième marché aérien d’Europe, mais le cinquième seulement pour Ryanair (avec 31 aéroports desservis). « Pour accélérer, il faudrait que nous ayons une base en France, pouvoir y localiser du personnel et des avions. Mais qui veut employer des salariés en France? » , se demande-t-il, au regard de la fiscalité et du droit du travail, voire de « cette folie administrative » . Dans l’Hexagone, « Tout a été fait contre nous » , ajoute le PDG de la low-cost Irlandaise : « des enquêtes, des procès, des recours au niveau de l’Union européenne pour des questions de concurrence. Je ne vois pas pourquoi on doit payer des impôts dans le pays où on travaille et pas dans le pays du groupe qui vous emploie. L’Europe est pourtant un marché ouvert à la libre circulation des travailleurs… Il n’y a qu’en France où c’est comme ça. Voilà pourquoi le modèle Air France est cassé. Tant mieux pour la concurrence! » , estime Michael O’Leary.

Au demeurant, celui-ci n’hésite pas à comparer sa politique sociale avec celle d’Air France : « beaucoup de compagnies comme Air France suppriment des emplois. Nous, nous en créons, nous augmentons les salaires et nous payons nos cotisations retraite » .

Par ailleurs, Ryanair exclut de s’installer à Paris Charles de Gaulle, qui « n’a pas besoin des passagers » que la low-cost pourrait lui apporter. « Et comme Orly est géré par le même groupe que Roissy, cela me semble difficile, et surtout encore très cher. On va rester à Beauvais » , indique aussi le dirigeant. D’ailleurs, celui-ci ne voit pas comment les aéroports régionaux français vont pouvoir se développer « avec Air France, dont la seule stratégie est de nourrir son hub de Charles-de-Gaulle » .

« Je ne suis pas trop mauvais dans l’aérien, mais j’ai surtout de la chance que cette industrie soit en pleine mutation. Si je travaillais pour Air France, je n’aurais sûrement pas autant de succès » , conclut non sans ironie le patron de Ryanair.

L’intégralité de l’interview de Michael O’Leary peut-être lue ici.

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