Crash d’Air Asia QZ8501 : première plongée, des remous en Indonésie

Grâce à une météo un peu plus clémente aujourd’hui, les plongeurs ont pu effectuer leur première descente dans la mer de Java afin de localiser l’épave du vol QZ8501 d’Air Asia. Mais la tentative a tourné court. Neuf jours après le crash, les enregistreurs restent introuvables, tandis que des carences administratives se font jour dans le fonctionnement de l’aviation civile en Indonésie.

Une forte houle et des vagues de 5 mètres avaient empêché jusqu’à aujourd’hui les plongeurs d’opérer. Ils ont profité ce 06 Janvier d’une accalmie pour descendre une première fois, avec pour mission d’examiner les objets détectés par sonar ces derniers jours. Les autorités estiment que ceux-ci pourraient provenir de l’Airbus A320-200 d’Indonesia Air Asia disparu le 28 Décembre.

Les plongeurs sont cependant rentrés bredouille. « Ils n’ont rien trouvé, peut-être parce que l’eau est trouble et que la visibilité est nulle » , a expliqué Fransiskus Bambang Soelistyo, à la tête de Barsanas, l’agence Indonésienne de recherches et de sauvetage.

Les équipes ont pour priorité de récupérer davantage de corps, dont trente neufs aujourd’hui ont été retrouvés – un quart des 162 passagers et membres d’équipage du vol QZ8501. Certains ont été repêchés encore attachés à leur siège, suggérant que d’autres sont encore présents à l’intérieur de la carlingue.

Les autorités veulent aussi retrouver les deux « boites noires » qui enregistrent les conversations dans le cockpit (CVR, Cockpit Voice Recorder) et les données du vol (FDR, Flight Data Recorder). Elles sont montées à l’arrière de l’Airbus A320 (schéma ci-dessous). Mais selon le chef de Barsanas, la queue de l’avion est peut-être à l’heure actuelle enterrée dans la vase au fond de la mer, ce qui compliquerait leur récupération. Au demeurant, aucun « ping » en provenance des balises ULB (Underwater Locator Beacon) qui équipent ces enregistreurs de vol n’a été entendu à ce jour par les spécialistes présents sur zone.

Le drame a aussi souligné des carences administratives dans l’autorisation des plans de vols. Quatre responsables de l’aviation civile Indonésienne, dont le directeur d’AirNav sur l’aéroport de Surabaya Juanda, ont été limogés hier par le ministère des Transports pour n’avoir pas vérifié les autorisations d’Air Asia dans son programme d’hiver. Celui-ci prévoyait des vols entre Surabaya et Singapour les lundis, mardis, jeudis et samedis. A la place, ils se sont basés sur le programme d’été, qui autorisait des vols les lundis, mercredis, vendredis et dimanches. L’enquête n’a pas révélé cependant d’autres erreurs au départ de Surabaya.

Le ministère des transports Indonésien a également publié une directive le 31 Décembre ordonnant aux compagnies aériennes de fournir à leurs pilotes un bulletin météo à jour avant le vol. Jusqu’à présent, les équipages devaient s’informer et évaluer eux-même les conditions avant le départ, contrairement à d’autres pays où ce sont les centres opérationnels des compagnies qui leur fournissent ces documents. Selon une information qui a « fuité » dans la presse, les pilotes du vol QZ8501 n’auraient pas reçu de bulletin météo avant le vol, qui a quitté l’aéroport de Surabaya très tôt le matin, vers 05h35.

L’Agence Indonésienne de météorologie a expliqué que le temps pouvait être un facteur contributif de l’accident, avec des températures relevées par infrarouge de -80 degrés centigrade à l’altitude et dans la zone où volait l’appareil.

Mais reste cependant à expliquer pourquoi l’Airbus A320 d’Air Asia a subi un accident alors que six autres avions étaient présents au même moment et qu’aucun d’entre eux n’a reporté de difficulté particulière.

Enregistreurs de vol sur Airbus A320-200 - Graphique explicatif © ThomsomReuters

Enregistreurs de vol sur Airbus A320-200 – Graphique explicatif © ThomsomReuters

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