Spéculations sur les dernières minutes du vol QZ8501 d’Air Asia

Air Asia : Airbus A320 -  © Airbus

Air Asia : Airbus A320 – © Airbus

Six jours après l’accident du vol d’Air Asia QZ8501, les spéculations vont bon train concernant les dernières minutes de l’Airbus A320. Sont évoqués séparément deux scénarios contradictoires : une montée soudaine et bien trop rapide suivie d’un décrochage irrattrapable de l’appareil d’un côté, un amerrissage contrôlé de l’autre. Pendant ce temps, les opérations pour récupérer les corps et localiser les enregistreurs de vol se poursuivent en mer de Java.

 

Les données radar en cours d’examen par les enquêteurs semblent montrer que le vol d’Air Asia QZ8501 a réalisé une montée  « incroyablement » rapide avant de s’écraser, au-delà des limites de l’Airbus A320, a rapporté le 1er Janvier l’agence Reuters citant une personne proche du dossier dont l’identité n’a pas été révélée.

Selon celle-ci, les analyses des données fournies par les radars civils montrent un taux de montée « très élevé, trop élevé » pour l’appareil, bien au-delà des limites de ses performances.

Document fuité d'AirNav Indonesia sur les données du vol QZ8501 d'Air Asia

Document fuité d’AirNav Indonesia sur les données du vol QZ8501 d’Air Asia

Des informations en provenance d’AirNav Indonesia, l’opérateur du contrôle aérien en Indonésie, ont « fuité » dans les médias (ci-contre), révélant que l’avion a grimpé au taux de 6.000 à 9.000 pieds minute (environ 2 à 3.000 mètres minute), totalement irréalisable pour un A320, dont les performances s’établissent plutôt entre 1.000 et 1.500 pieds minute (300 à 500 mètres minute), éventuellement 3.000 pieds minutes (1.000 mètres minute) dans des circonstances exceptionnelles. Cette montée spectaculaire au-delà de l’enveloppe de vol de l’appareil a résulté dans un décrochage avec un taux de descente encore plus étonnant : 11.000 pieds minute (3.600 mètres minute) avec des pointes à 24.000 pieds minute (8.000 mètres minute) qui « défient le sens logique » selon un analyste interrogé par le Sydney Morning Herald. Durant cette phase, la vitesse au sol s’est limitée à 61 noeuds, corroborant la thèse d’une descente en flèche et expliquant pourquoi le site du crash est distant de seulement une dizaine de kilomètres du dernier contact avec le contrôle aérien. Ces indications auraient été fournies grâce au radar mode S dont disposait l’A320 d’Indonesia Air Asia. Relativement récent, cet équipement renvoie des informations détaillées en temps réel depuis l’appareil vers le sol. Il y aurait peu de chances pour que ce radar soit défaillant. Airnav Indonesia n’a pas souhaité confirmer ou infirmer l’origine du document.

Les raisons qui expliqueraient ce comportement anormal de l’A320 restent inconnues, mais sont avancées les hypothèses d’un violent courant ascendant suivi d’un fort courant descendant, phénomène possible à cette altitude dans la région, ou bien un défaut structurel (soudain) de l’appareil.

Séparément, d’autres analystes évoquent la thèse d’un amerrissage contrôlé, qui n’aurait pas eu d’impact destructeur sur l’A320. L’avion aurait été ensuite submergé par les vagues avant de sombrer au fond de la mer. L’absence de choc violent expliquerait selon eux pourquoi les balises ELT de secours ne se sont pas déclenchées, mais aussi l’état des corps relativement intacts ou encore la présence d’un toboggan d’évacuation parmi les débris récupérés.

Mais cette théorie est loin de faire l’unanimité. Elle n’est pas compatible avec la descente brutale de l’appareil enregistrée par les radars. D’autres analystes rappellent aussi que les balises ELT ne se sont pas toujours déclenchées lors de crashes précédents et qu’il est normal de retrouver des toboggans d’évacuation après un accident.

Ces différentes théories soulignent la nécessité de retrouver les deux enregistreurs de vol, mais aussi davantage de débris de l’appareil. Les opérations continuent ce vendredi en mer de Java, à l’intérieur d’une nouvelle zone prioritaire de 5.400 kilomètres carrés centrée autour de l’endroit où les corps et des morceaux de l’appareil ont été récupérés. Les équipes de recherches estiment qu’y repose l’épave, et elles se montrent confiantes sur la possibilité de la retrouver. 29 navires, 17 aéronefs et des plongeurs sont mobilisés pour la journée, mais les opérations sont toujours ralenties par le mauvais temps. Le drone sous-marin permettant de localiser des objets sur le fond de la mer est arrivé sur zone hier depuis Singapour mais il n’a pas pu être déployé. Les enquêteurs du Bureau Enquêtes et Analyses (BEA) sont arrivés à Jakarta, « équipés de moyens de détection comprenant notamment des hydrophones en vue de localiser les balises acoustiques des deux enregistreurs de vol (enregistreur phonique, Cockpit Voice Recorder, CVR et enregistreur de paramètres de l’avion, Flight Data Recorder, FDR) » .

Un total de 22 corps sur les 162 passagers et membres d’équipage ont été récupérés. Leur identification est parfois difficile en raison de leur séjour prolongé dans l’eau. Les funérailles de la première victime identifiée, Hayati Lutfiah Hamid, ont eu lieu hier à Surabaya. Ce matin, trois autres corps ont été identifiés dont celui d’une hôtesse de l’air, Khairunnisa Haidar.

QZ8501 : zone des recherches et localisation "probable" de l'épave principale le 02/01/2015

QZ8501 : zone des recherches et localisation « probable » de l’épave principale le 02/01/2015

02/01/2015 : les recherches du vol QZ8501 toujours ralenties par le mauvais temps en mer de Java

02/01/2015 : les recherches du vol QZ8501 toujours ralenties par le mauvais temps en mer de Java

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