Air Asia QZ8501: espoir, zones d’ombre et réputation

A la recherche du vol QZ8501 - Source Twitter

A la recherche du vol QZ8501 – Source Twitter

La découverte hier du site du crash de l’Airbus A320 d’Indonesia Air Asia disparu depuis le 28 Décembre a dissipé le spectre d’un nouveau MH370 qui commençait à surgir. Pour les familles, la récupération des corps, aussi douloureuse soit-elle, permettra de commencer le deuil. Pour les enquêteurs, l’espoir de retrouver les enregistreurs de vol se fait jour. Mais bien des zones d’ombres demeurent autour des circonstances de l’accident tandis que la réputation d’Air Asia est mise à mal.

 

Les recherches dans le détroit de Karimata à l’Ouest de Bornéo se sont poursuivies toute la nuit pour récupérer les corps. Les autorités n’ont pas confirmé avec précision le nombre de ceux qui ont été retrouvés, entre trois et quarante selon les déclarations hier des différents responsables. Ce matin, les médias Indonésiens font état d’un total de sept corps récupérés. Des images sur les chaines de télévision Indonésiennes montrent des corps flottant sur la mer, sans gilet de sauvetage, laissant penser que la cabine n’avait pas été préparée et que l’événement a été soudain. Les corps récupérés seront transportés vers Surabaya où les familles les reconnaîtront.

Un sonar a confirmé aujourd’hui la présence d’un objet de 30 à 50 mètres de long au fond de la mer, peu profonde à cet endroit, entre 25 et 30 mètres selon plusieurs sources. Les plongeurs de la Marine ont espoir de récupérer les deux enregistreurs de vol, le Cockpit Voice Recorder (CVR) et le Flight Data Recorder (FDR), qui enregistrent les conversations dans le poste de pilotage et les paramètres de vol, dont seule l’analyse, en fonction de leur état, permettra de comprendre le drame.

Un navire Singapourien de soutien aux opérations sous-marines, le MV Swift Rescue, a appareillé mardi soir vers 19h00 en direction du site du crash, avec à son bord un drone amphibie capable de détecter les objets sur les fonds marins. La Marine des Etats-Unis dépêche sur zone un deuxième bâtiment qui viendra prêter main forte aux quelques 30 navires et 21 aéronefs des forces d’Indonésie d’Australie, de Malaisie, de Singapour et de Corée du Sud qui participent déjà aux opérations.

Dès lundi soir, les autorités Indonésiennes ont livré des informations sur les dernières minutes du vol QZ8501 : l’avion, qui n’a pas émis de signal de détresse, a disparu après que le commandant n’a pas obtenu l’autorisation de gagner de l’altitude pour éviter le mauvais temps. L’A320 croisait à 32.000 pieds et cherchait à voler à 38.000 pieds. Selon les experts aéronautiques, les conditions météorologiques, bien que mauvaises, n’avaient rien d’exceptionnelles pour cette région à cette époque de l’année.

Sept appareils, appartenant à Lion Air, Garuda et Emirates, se trouvaient dans la même zone, et aucun n’a rencontré de difficulté pendant le vol.

Le commandant de bord Indonésien était expérimenté et l’appareil venait d’être révisé à la mi-Novembre.

Des données non confirmées en provenance de radars secondaires suggèrent qu’avant sa disparition, l’appareil était en montée à la vitesse de 353 noeuds, soit 100 noeuds de moins que la vitesse de croisière à cette altitude, et qu’il a pu décrocher. La faible distance séparant le dernier écho radar et le site du crash laisserait accréditer la thèse d’une descente verticale rapide. Néanmoins, la procédure habituelle dans une zone de turbulence consiste à réduire la vitesse et pourrait infirmer ce qui n’est pour l’instant qu’une conjecture.

Les enquêteurs cherchent aussi à savoir si l’équipage a demandé trop tardivement l’autorisation de monter, ou s’il a monté de sa propre initiative comme l’a laissé entendre une source Indonésienne proche du dossier.

Par ailleurs, le Président de l’Indonésie, Joko Widodo,  a demandé dès le 29 Décembre une enquête sur la compagnie Indonesia Air Asia, filiale de la low-cost Malaisienne Air Asia, afin de vérifier les procédures opérationnelles du transporteur. 

Sa filiale long-courrier, Indonesia Air Asia X, a annulé le service Bali-Melbourne qui devait inaugurer ses opérations, deux jours avant le crash. L’affaire n’a pas de rapport apparent avec un problème de sécurité, mais des formalités qui n’auraient pas été traitées dans les temps ont jeté une ombre sur sa réputation avant même l’accident.

Etrangement, un Airbus A320 appartenant à Air Asia Zest, une autre filiale d’Air Asia, est sorti de piste le 30 Décembre aux Philippines, sans faire de blessés. Il s’agit du deuxième accident de la sorte en l’espace de six mois impliquant un appareil du groupe Air Asia, dont les performances en matière de sécurité étaient bonnes jusqu’à présent.

Indonesia Air Asia fait partie des rares compagnies Indonésiennes à ne pas figurer sur la liste noire de l’Union Européenne.

162 passagers et membres d’équipage se trouvaient à bord du vol QZ8501 d’Indonesia Air Asia qui effectuait la liaison entre Surabaya et Singapour le 28 Décembre.

Route du vol QZ8501 d'Air Asia - © Reuters

Route du vol QZ8501 d’Air Asia – © Reuters

Altitude des autres avions à proximité du vol QZ8501 le 28/12/2014 - © Reuters

Altitude des autres avions à proximité du vol QZ8501 le 28/12/2014 – © Reuters

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