Disparition du vol MH370 : les recherches compliquées par un désaccord des enquêteurs sur le lieu du crash

MH370 - Photo © Twitter

MH370 – Photo © Twitter

Les enquêteurs en charge de retrouver la trace vol MH370 ne sont pas unanimes sur la possible localisation de l’épave, si bien que les recherches sous-marines s’effectuent sur deux zones distinctes et parfois distantes de plusieurs centaines de kilomètres.

 

Reprises il y a deux mois avec un submersible plus puissant que celui précédemment utilisé, les recherches sous-marines pour retrouver l’épave du Boeing 777-200ER de Malaysia Airlines se compliquent. Et cette fois-ci, ce n’est pas à cause d’une météo capricieuse ou de problèmes techniques : cinq équipes d’experts mandatées par les autorités Australiennes sont divisées sur l’endroit où peut reposer l’appareil disparu.

L’Australian Transport Safety Bureau (ATSB) qui coordonne les investigations aux larges des côtes occidentales de l’Australie, a demandé aux spécialistes d’Inmarsat, de Boeing, de Thalès, du NTSB Américain et de l’ADSTO Australienne, d’analyser séparément les données recueillies à partir des communications émises automatiquement entre le 777 et un satellite d’Inmarsat (pings).

« Au départ, nous pensions que nous avions un consensus entre les cinq groupes, sur la base des meilleures données disponibles à l’époque » , a indiqué lors d’une interview Martin Dolan, chef de l’ATSB.  « Après avoir affiné les données une nouvelle fois, [nous nous sommes aperçus] que les méthodologies divergeaient » .

Trois équipes sont arrivées à une conclusion différente des deux autres, mais Martin Dolan n’a pas indiqué lesquelles se rangeaient dans l’un ou l’autre des deux groupes.

Ce désaccord expliquerait en partie pourquoi le mois dernier les autorités Australiennes ont annoncé avoir identifié deux zones de recherches prioritaires, en fonction des différents modèles d’analyse des communications entre le 777 et le satellite. Toutes deux sont situées le long du « septième arc » sur lequel le dernier ping a pu être émis. Une première méthode repose sur l’hypothèse que l’appareil a volé en mode autopilote jusqu’à l’épuisement de ses réserves en carburant, une deuxième a simplement cherché les routes possibles à partir des pings émis par l’avion.

« Si vous avez une variation de 1 Hz de fréquence dans votre évaluation, cela vous mène à une variation de 300 km » , a expliqué le chef de l’ATSB. « Ceci est un point hautement sensible dans les hypothèses de départ de chacun des cinq modèles » .

Les deux zones où l’appareil a pu se crasher dans l’océan se recoupent par endroit, mais certaines parties sont éloignées de plusieurs centaines de kilomètres.

Face à ces opinions divergentes, les autorités Australiennes ont décidé d’accorder la même priorité aux deux zones, qui sont fouillées simultanément.

Les deux navires de la société Néerlandaise Fugro, appointée par l’Australie, opèrent dans la zone la plus au Sud et servent à lancer les drones sous-marins, qui peuvent plonger jusqu’à environ 6.000 mètres de profondeur.

Un troisième navire, le GO Phoenix, équipé d’un sonar et financé quant à lui par le gouvernement Malaysien, s’occupe de la partie la plus au Nord. C’est ce dernier bâtiment qui a effectué les relevés bathymétriques servant à identifier les dangers potentiels pour les équipements utilisés actuellement par Fugro.

Mais les recherches ne pourront peut-être couvrir que 80% des sites possibles du crash avant que les fonds débloqués par le gouvernement Australien ne s’épuisent, selon Martin Dolan. L’Australie a décidé de consacrer jusqu’à 52 millions de dollars australiens (35 millions d’euros) pour la phase actuelle des recherches, qui incluent la cartographie des fonds marins.

Reprises en Octobre dernier, les recherches sous-marines pour retrouver l’épave du vol MH370 sont prévues de durer jusqu’à 300 jours, pour couvrir une zone d’environ 60.000 km2.

Au 19 Novembre, un peu plus de 6.900 km2 avaient été cherchés.

Aucun débris du Boeing 777-200ER de la Malaysia Airlines disparu le 8 Mars 2014 alors qu’il alors effectuait la liaison entre Kuala Lumpur et Pékin, ni aucune trace de ses 239 passagers et membres de l’équipage, n’ont été retrouvés à ce jour.

Vol MH370 : localisation des deux zones de recherches. Le Go Phoenix opère dans la partie Nord, le Fugro Discovery dans la partie Sud - Source : ATSB

Vol MH370 : localisation des deux zones de recherches. Le Go Phoenix opère dans la partie Nord, le Fugro Discovery dans la partie Sud – Source : ATSB

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