Emirates en France : le statu quo

 
Boeing 777-300ER d'Emirates à l'Aéroport de Nice Côte d'Azur - © Christophe Pelletier @cpe

Emirates, la compagnie nationale de Dubai, voudrait assurer plus de vols vers la France. Malgré les arguments économiques qu’elle avance, les autorités Françaises continuent de se montrer réticentes à lui accorder davantage de droits de trafic.

 

Emirates dessert actuellement la France à raison de 32 vols hebdomadaires depuis Dubai vers trois destinations : Paris Charles de Gaulle (20 rotations par semaine), Nice (7) et Lyon (5). Sur ce marché qu’elle qualifie de « stratégique » , la compagnie a des ambitions pourtant modestes – ou réalistes  : elle voudrait assurer 1 vol hebdomadaire de plus vers Paris et 2 autres vers Lyon afin de porter ses fréquences à 3 rotations quotidiennes pour Paris et à 1 pour Lyon.

En comparaison, Emirates assure plus de 110 vols hebdomadaires vers le Royaume-Uni, plus de 60 vers l’Allemagne et presque 50 vers l’Italie.

Emirates est « en discussion avec les différentes autorités en France pour essayer d’avoir plus de droits de trafic mais c’est très difficile » , a indiqué Thierry Antinori, le Vice-Président d’Emirates, lors d’une conférence de presse cette semaine, dans des propos rapportés par le journal régional Lyonnais Le Progrès. « La France est un pays stratégique et important pour la compagnie », a-t-il ajouté. « Malheureusement, nous sommes bloqués dans le développement (alors que) nous pourrions amener beaucoup plus de business ici » .

Pour appuyer sa demande, Thierry Antinori fait valoir le poids économique d’Emirates en France : « Indépendamment du fait que nous achetons beaucoup d’Airbus qui représentent des milliers d’emplois, Emirates a acheté l’an dernier pour 437 millions d’euros de produits français. Nous créons des emplois en France, et on pourrait encore faire mieux » , cite la Tribune.

Mais les autorités Françaises voient l’affaire sous un angle différent. Selon le site d’information économique qui se réfère à des sources gouvernementales, il s’agirait de protéger Air France, toujours déficitaire malgré son plan Transform 2015. Selon cette version des choses, accorder à Emirates davantage de droits de trafic augmenterait la pression concurrentielle sur la compagnie Française, qui a d’ailleurs manifesté son hostilité à ce projet à plusieurs reprises, tant au niveau de la direction que des syndicats.

Dans de telles conditions, Emirates doit se contenter d’un statu quo en France : employant déjà toutes les fréquences qui lui sont attribuées, elle n’a quasiment plus de marge de manoeuvre pour accroître ses capacités en sièges : Emirates déploie vers ses trois destinations hexagonales les plus gros appareils de sa flotte, des Airbus A380 vers Paris Charles de Gaulle et des Boeing 777 vers Lyon et Nice. La compagnie signale un taux de remplissage moyen de l’ordre de 90%.

Conséquence : avec une demande qui ne faiblit pas et une offre en sièges qui reste stable, les recettes unitaires du transporteur ont augmenté de l’ordre de 5 à 6% depuis le début de l’année, selon la Tribune. En d’autres termes, le prix du billet moyen a augmenté pour les passagers.

Mais cela n’empêchera pas Emirates de continuer sur sa trajectoire de croissance ailleurs qu’en France : la compagnie vise 70 millions de passagers en 2020 contre 44,5 millions en 2013. Elle vient de réceptionner son 54ème Airbus A380 et en attend 86 autres d’ici à la fin de la décennie.

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Un commentaire sur “Emirates en France : le statu quo

  1. Il est normal de faire un peu de protectionisme face aux compagnies arabes qui sont inégalitaires de part les subventions qui leur sont attribuées ainsi que par la quantité astronomique d’argent incertain qui vient de leurs états. Il est temps que l’Europe et d’autres pays réagissent face a ces envahisseurs qui n’ont cesse de créer une revanche sur un monde qui était moderne avant le leur et qui respecte les gens.

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