Emirates envisage une croissance moins forte jusqu’en 2020

Emirates A 380-  Concourse A - Dubai Airport - © Emirates

Emirates A 380- Concourse A – Dubai Airport – © Emirates

Lors de l’Aviation Festival Middle East qui se tient à Dubai depuis le début de la semaine, Emirates a confirmé sa stratégie de croissance jusqu’à l’orée de la prochaine décennie. Mais son trafic augmentera moins vite ces prochaines années qu’il ne l’a fait jusqu’à présent.

 

Emirates se fixe comme objectif de transporter 70 millions de passagers d’ici à 2020, a révélé lundi 20 Octobre la compagnie dans un communiqué. « Emirates continuera sur sa trajectoire de croissance, en dépit des défis mondiaux tels que l’instabilité politique régionale, les questions de santé relatives à la pandémie en Afrique, et une demande économique en baisse à cause des prix du pétrole » , a-t-elle précisé.

Par rapport à ses 44,5 millions de passagers transportés durant son dernier exercice fiscal clos au 31 Mars 2014, son objectif pour 2020 fait ressortir une croissance prévisionnelle de l’ordre de 57,5% sur les six prochaines années – nettement moins que sur les six dernières, où elle s’est établie à +109% entre 2014 et 2008. Emirates transportait cette année-là 21,2 millions de passagers.

« Le plan d’expansion que nous avons pour les sept prochaines années est bien moins fort [que ces dernières années] » , a confirmé Anand Lakshminarayanan, vice-président en charge de la planification des routes chez Emirates, rapporte l’agence Zawya.

En cause notamment les capacités restreintes de l’aéroport international de Dubai (DXB), qui a accueilli 66 millions de passagers en 2013 voyageant sur 132 compagnies aériennes. Le projet d’extension avec l’ouverture du terminal 4 en 2015 permettra toutefois de porter ces capacités à 75 millions de passagers annuels, puis à 100 millions en 2020, quand le deuxième aéroport de l’Emirat, Dubai World Central (DWC) pourra en accueillir 120 millions.

La croissance en Afrique est aujourd’hui limitée par l’épidémie du virus ebola, « le plus important défi » rencontré par la compagnie ces derniers mois, selon Anand Lakshminarayanan. Emirates a cessé ses opérations vers Conakry en Guinée, l’un des pays les plus touchés par l’épidémie. Le Président de la compagnie, Tim Clark, soulignait une baisse du trafic vers l’Afrique, notamment en provenance de l’Asie, par crainte du virus. Emirates envisage néanmoins l’ouverture de dix nouvelles destinations d’ici à 2025, soit une par an en moyenne, alors qu’elle en dessert 24 aujourd’hui – contre plus de 40 pour Air France-KLM.

A peine évoquée, les questions aéropolitiques – l’obtention des droits de trafic – sont également un frein à la croissance d’Emirates. Mais celle-ci continue à plaider pour des cieux plus ouverts : « les pays reconnaissent l’importance des flux de trafic mondiaux ininterrompus et l’effet multiplicateur sur leurs propres économies« , dit Anand Lakshminarayanan, citant le cas de l’Inde qui a accordé plus de droits de trafic aux compagnies de Dubai : avec 185 fréquences par semaine, Emirates contribue désormais à hauteur de 825 millions de dollars à l’économie locale, selon le NCAER Indien.

Une stratégie confirmée

Dans ce contexte, Emirates poursuivra sur sa lancée : pas question de renoncer à sa stratégie de hub global placé à Dubai.

La compagnie n’envisage pas d’ouvrir de nouvelles bases dans le monde, ou de multiplier les liaisons dites de cinquième liberté entre deux pays tiers. « Nous ne nous écarterons pas de notre stratégie de hub, et nos futures livraisons des commandes aéronautiques sont destinées à assurer nos services sans escale, reliant deux villes dans le monde entier [à partir de Dubai] » , a indiqué Anand Lakshminarayanan.

Plutôt, Emirates capitalisera sur des alliances stratégiques, à l’instar de ses partenariats existants avec l’Australienne Qantas ou l’Américaine JetBlue. Ainsi, sur les vols Dubai-New York JFK, 25% des passagers en moyenne continuent en correspondance au-delà de New York vers 70 ou 80 destinations, rapporte Will Horton, analyste au Centre For Aviation (CAPA).

Enfin, Emirates écarte les risques de surcapacités induits par ses commandes massives d’appareils (289 gros porteurs en commande ferme pour les prochaines années) : « l’arrivée de nos prochains avions dans les 3-4 prochaines années est inférieure à l’augmentation de la demande que nous prévoyons« , a déclaré Anand Lakshminarayanan.

Avec une flotte de 217 appareils, Emirates transporte 122.000 passagers par jour et 6.000 tonnes de cargo vers 142 destinations dans 80 pays (*).

(*) : données au 31/03/2014 fournies par Emirates dans sa communication financière.

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