Ryanair : « la grève à Air France est un merveilleux bonus pour les low-cost »

Visualisation d'un Boeing 737 MAX 200 en livrée Ryanair - © Ryanair

Visualisation d’un Boeing 737 MAX 200 en livrée Ryanair – © Ryanair

La grève qui secoue Air France depuis 10 jours fait au moins un heureux : le patron de Ryanair. Michael O’Leary estime que le conflit qui oppose la direction d’Air France à ses syndicats de pilotes représente un gros avantage pour les low-cost.

 

S’exprimant hier lors d’une conférence de presse en Allemagne où il dévoilait son nouveau partenariat avec le système de réservation Amadeus, le PDG de la low-cost Irlandaise Ryanair, Michael O’Leary, a indiqué que la grève des pilotes d’Air France favorisait les compagnies à bas coûts.

La grève à Air France est un merveilleux bonus pour les compagnies low cost. Je salue particulièrement la solution avancée par Alexandre De Juniac la semaine dernière, à la mode typiquement française, de céder aux syndicats et de se retrancher dans la décision de ne pas développer Transavia jusqu’à l’année prochaine.

Nous verrons alors probablement que cette période de non-croissance sera prolongée d’une année supplémentaire. Avec des concurrents comme ça, il n’est pas difficile de voir pourquoi Ryanair se développe si rapidement à travers l’Europe,

a déclaré Michael O’Leary, s’exprimant avant que ne soit connue la décision d’Air France de mettre fin au projet de Transavia Europe.

Au moins peut-on concéder au numéro 1 de Ryanair, qui n’a pas l’habitude d’avoir la langue dans sa poche, de dire tout haut ce que certains pensent tout bas. Et les faits parlent en sa faveur : depuis la grève, les réservations sur les vols de Ryanair ont bondi de 12%, relatait hier le Figaro.

Même constat du côté de la Britannique easyJet : la grève à Air France « nous permet de toucher de nouveaux clients et de les fidéliser. C’est une façon de faire découvrir easyJet à des passagers qui n’ont peut-être jamais voyagé sur nos lignes« , avance la compagnie qui a mis en place plus de 3.000 sièges supplémentaires depuis le début du mouvement social. EasyJet, qui devançait déjà Air France avant la grève sur certains aéroports Français tels que Nice Côte d’Azur, en termes de passagers transportés, entend s’imposer comme une alternative et conquérir des parts de marché supplémentaires.

Reste à savoir si les succès enregistrés en France perdureront au-delà de la grève : certaines réalités reprendront le dessus quand le mouvement social se terminera. Ainsi Air France continuera à disposer de ses créneaux de décollage et d’atterrissage dans les principaux aéroports du pays, mais aussi de sa base de clientèle au travers des ses formules d’abonnement ou de son programme de fidélité Flying Blue (plus de 20 millions de membres dans le monde dont 5 millions en France).

En attendant, la réputation de la compagnie aura souffert, et les finances de la compagnie seront affaiblies après un si long conflit dont le coût est estimé jusqu’à 20 millions d’euros chaque jour.

Mais c’est surtout l’abandon du projet de Transavia Europe par la direction d’Air France, annoncé hier dans la soirée, dont pourra se réjouir Ryanair. Elle aura notamment le champ libre au Portugal, où devait être lancée la première base de Transavia Europe. Ryanair ambitionne d’accéder à la première place des transporteurs aériens dans ce pays.

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