Madagascar : sortie de crise pour Air France et Corsair

Un B777-300ER d'Air France - © Air France

Un B777-300ER d’Air France – © Air France

Les opérations d’Air France et Corsair à Madagascar ont pu reprendre normalement à la fin de la semaine dernière, après un boycott lancé par des agents au sol d’Air Madagascar qui a provoqué le déroutement ou l’annulation de vols chez les deux compagnies Françaises.

 

Le boycott d’Air France et Corsair organisé mardi 26 Août par des employés d’Air Madagascar à l’aéroport Ivato d’Antananarivo aura fait long feu.

Dès le 28 Août, le gouvernement Malgache ordonnait le déploiement de forces de gendarmerie pour sécuriser l’aéroport, tandis que le même jour, Air Madagascar obtenait en référé de pouvoir réquisitionner du personnel au sol. Les éléments les plus perturbateurs parmi les grévistes ont été interdits d’accéder à l’aéroport.

« Nous avons pris des engagements et donné notre assurance aux compagnies étrangères qu’Air Madagascar assurerait les services contractuels qui lui incombent, » a déclaré Ulrich Andriantina, ministre des Transports lors d’une conférence de presse.

Au total, la grève lancée par les agents d’escale d’Air Madagascar, prestataire en situation de monopole sur l’aéroport d’Antananarivo, s’est soldée par le déroutement vers La Réunion du vol Air France AF934 en Boeing 777-300ER avec 310 passagers à bord le 27 Août, ainsi que par l’annulation d’un vol de Corsair. Plus d’une centaine de passagers de cette compagnie sont cependant restés bloqués ce week-end à Madagascar contre leur volonté, mais la mise en place d’un vol supplémentaire dimanche soir a permis de les rapatrier vers Paris.

Depuis Jeudi 28 Août pour Air France et samedi 30 Août pour Corsair, les opérations des compagnies Françaises ont repris leur cours normal à Madagascar.

Conséquences

Les employés grévistes entendaient faire pression pour que leur employeur Air Madagascar soit retiré de l’annexe B des compagnies aériennes (la « liste noire ») de l’Union Européenne.

« Seul le Comité de Sécurité Aérienne de l’Union Européenne, composé de techniciens de 28 pays, est habilité à procéder tant à l’entrée qu’à la sortie d’une compagnie aérienne de l’Annexe B et il existe des procédures établies à cet effet auxquelles sont astreintes tant les compagnies aériennes en cause que l’Autorité de l’Aviation Civile, en l’occurrence l’Aviation Civile de Madagascar. Il s’agit donc de procédures purement techniques où aucune compagnie donnée ni une nation donnée n’ont rien à voir, » a expliqué de son côté le ministère Malgache des Transports dans un communiqué vendredi 29 Août.

« L’empêchement illégal effectué par une partie du personnel génèreront des conséquences graves tant pour l’avenir de la compagnie aérienne Air Madagascar que pour la Nation, hormis l’ impact au niveau économique et diplomatique, » souligne également ce communiqué.

L’industrie touristique Malgache a également réagi à cette grève : « Le secteur tourisme, déjà sinistré par 5 ans de crise, affaibli par les problèmes d’insécurité et de santé publique particulièrement virulents en 2013, pénalisé plusieurs mois par le classement en zone orange [sur le site du quai d’Orsay], pourra difficilement se relever des impacts de cette nouvelle crise, avec les conséquences qui en découlent, » a indiqué vendredi l’Office national de tourisme de Madagascar (ONTM) dans un communiqué.

Air Madagascar est exposée maintenant à des poursuites judiciaires de la part d’Air France et Corsair pour ne pas avoir rempli son contrat, mais les suites que celles-ci entendent donner à cette affaire ne sont pas encore connues.

Selon certaines sources, Air Madagascar aurait affrété à un tarif préférentiel un Boeing 737 pour transporter les passagers bloqués à La Réunion jusqu’à Antananarivo.

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