Le virus ebola menace-t-il le transport aérien ?

Avion au décollage depuis une piste d'aéroport au coucher du soleil - Source : Twitter

Avion au décollage depuis une piste d’aéroport au coucher du soleil – Source : Twitter

[Article mis à jour le 01/08/2014 à 15h30 GMT pour tenir compte des décisions d’Emirates et du gouvernement Français]

 Au Nigeria samedi dernier, la mort d’un voyageur Libérien infecté par le virus ebola est venue rappeler que dans un monde globalisé le transport aérien pouvait servir de vecteur à la propagation du virus. Même si le cas reste isolé, les autorités Nigérianes ont sévèrement réagi. Ailleurs dans le monde, l’industrie s’organise, les compagnies aériennes expliquent que les risques de propagation sont faibles, mais les autorités décommandent les voyages dans certains pays d’Afrique Occidentale.

 

Contagieux et mortel dans 90% des cas, le virus ebola a coûté la vie à près de 730 personnes en Afrique de l’Ouest depuis sa résurgence en Février 2014. Le virus est resté cantonné principalement dans trois pays Africains, la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone. Mais la mort de Patrick Sawyer samedi dernier a ouvert une nouvelle page dans la propagation de l’épidémie : ce citoyen du Libéria âgé d’une quarantaine d’années est décédé à Lagos au Nigeria où il venait d’arriver en avion après une escale au Togo.

Il n’en aura pas fallu davantage pour que les autorités Nigérianes suspendent les opérations de la compagnie Togolaise qui l’avait transporté, Asky Airlines, filiale d’Ethiopian Airlines, rejetant de facto la responsabilité sur le transporteur : « nous avons suspendu [les vols d’Asky] jusqu’à temps qu’ils nous montrent les mesures qu’ils mettent en place pour s’assurer que leurs passagers ne sont pas porteurs du virus ebola » , a déclaré un porte-parole de l’aviation civile Nigériane, Sam Adurogboye.

Le gouvernement Nigérian s’efforce de contacter la totalité des passagers qui ont pu être en contact avec la victime, tandis que 69 personnes ont déjà été placées sous surveillance médicale et deux, qui ont été à son contact immédiat, en quarantaine pendant trois semaines.

Bien qu’aucun nouveau cas n’ait été découvert dans le pays depuis, la crainte de la propagation du virus a conduit la compagnie Nigériane Arik Air à prendre d’elle-même l’initiative de cesser ses opérations vers le Libéria et la Sierra Leone.

A l’aéroport de Lagos, les passagers en provenance des pays à risque doivent désormais subir un dépistage effectué à l’aide d’un appareil à main qui mesure leur température corporelle. En cas de doute, ces voyageurs doivent se soumettre à une prise de sang.

Des mesures similaires ont été prises dans d’autres aéroports d’Afrique, notamment à Nairobi et Addis Abeba, deux plaques tournantes du trafic aérien du continent et hubs respectifs des compagnies Kenya Airways et Ethiopian Airlines. Cette dernière a indiqué avoir pris des « précautions exceptionnelles en rapport avec l’épidémie d’Ebola. Une surveillance stricte et spécifique de tous les vols en provenance d’Afrique de l’Ouest est menée à l’aéroport d’Addis Abeba » , a assuré Ethiopian Airlines.

Même la Chine prend la menace au sérieux : l’aéroport de Canton s’est lui aussi équipé de détecteurs de température corporelle. Plus d’un millier de voyageurs en provenance d’Afrique arrivent chaque jour sur la plateforme, mais aucun cas là non plus n’a été détecté jusqu’à présent.

 

La Guinée, première touchée

En Guinée, premier pays touché par l’épidémie, les conséquences se font déjà sentir même si des mesures ont été prises dans l’enceinte de l’aéroport de Conakry, qui s’est équipé d’une caméra thermique.

Emirates, la compagnie de Dubai, a annoncé ce vendredi suspendre ses vols à destination de Conakry « jusqu’à nouvel ordre » dès demain 02 Août. Ceux à destination de Dakar (effectués jusqu’ici dans le prolongement de la ligne vers Conakry) resteront en revanche opérés normalement.

Avant Emirates, Mauritanian Airways et Turkish Airlines avaient suspendu leurs trafic vers Conakry.

Air France a également fait les frais de l’épidémie : en Avril dernier, les passagers d’un vol en provenance de la capitale de Guinée ont été mis en quarantaine à Paris Charles de Gaulle. En Juillet, la compagnie a dû annuler un autre vol à destination de Conakry et Freetown après que deux membres d’équipages ont exercé leur droit de retrait.

 

Pas de psychose

Pourtant, la psychose ne gagne pas les compagnies Européennes : Air France et Brussels Airlines maintiennent leurs programmes de vols à destination de la Guinée et de la Sierra Leone.

Le ton chez les transporteurs se veut d’ailleurs rassurant :

Le risque qu’un touriste ou un voyageur d’affaires ne se trouve infecté par le virus Ebola au cours d’une visite dans les zones touchées et qu’il ne développe la maladie après son retour reste extrêmement faible, même si le voyage a comporté une visite dans des foyers d’infection primaire. La transmission du virus nécessite un contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou des liquides corporels de personnes ou d’animaux vivants ou morts infectés, bien improbables pour un voyageur moyen. Il est en tout cas conseillé aux voyageurs d’éviter tous ces contacts,

indiquait hier dans un communiqué l’Association des Transporteurs Aériens, l’IATA, qui regroupe plus de 80% des compagnies aériennes.

Celle-ci rappelle également que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne recommande aucune restriction de vols ou de déplacements vers la Guinée, le Libéria et la Sierra Léone.

Mais en Europe, les autorités gouvernementales commencent à se montrer prudentes :

Sauf raison impérative, il est recommandé aux Français de suspendre tout projet de voyage dans les pays où des cas de fièvre hémorragique à virus Ebola sont avérés (Guinée, Sierra Leone, Libéria, Nigéria),

met en garde le ministère Français des Affaires Etrangères sur son site délivrant des conseils aux voyageurs.

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