Royal Jordanian se retire de Delhi, Bombay, Lagos et cherche un nouveau modèle économique

Visualisation d'un Boeing 787-8 Dreamliner de Royal Jordanian - Photo © Boeing

Royal Jordanian recevra son 1er Dreamliner en Août 2014. Ici, une visualisation du nouvel appareil – Photo © Boeing

Sur fond d’instabilité au Moyen-Orient et de concurrence acharnée avec ses concurrentes du Golfe, Royal Jordanian, la compagnie nationale de Jordanie, n’en finit pas de réduire son réseau, à la recherche d’un nouveau modèle économique.

 

Royal Jordanian arrêtera d’opérer depuis sa base d’Amman vers Bombay le 10 Septembre, Lagos le 10 octobre et Delhi le 31 Octobre de cette année.

Cette décision entrainera la réduction du nombre de destinations servies à 51 contre 59 au début 2014 : Alexandrie, Colombo, Milan et Accra ont déjà été supprimées de son réseau en Avril et Mai dernier, tandis que la desserte de Sharm El Sheikh a été transférée à sa filiale Royal Wings Company en Avril.

« La décision d’arrêter ces trois lignes intervient tandis que Royal Jordanian est confrontée à des difficultés liées à l’instabilité dans la région et aux prix élevés du carburant« , explique le communiqué de la compagnie.

 

Instabilité politique et concurrence

Royal Jordanian a connu des jours meilleurs : l’Egypte, le Liban, la Lybie et la Syrie comptaient traditionnellement parmi ses principaux marchés, mais depuis le Printemps Arabe, le transporteur a dû se retirer de Damas, Alep, Tripoli, Benghazi, Misrata, mais aussi de Mossoul et Tel Aviv.

Du coup, Royal Jordanian a bien du mal : après un exercice tout juste bénéficiaire en 2012, elle a subi de lourdes pertes en 2013 et s’attend à des exercices déficitaires en 2014 et 2015. Pourtant, sur les sept années qui ont précédé 2011, Royal Jordanian a été bénéficiaire six fois.

Mais les tensions actuelles au Moyen-Orient ne sauraient expliquer pas à elles seules le départ de Bombay, Lagos et Delhi, bien éloignées des zones de conflit : la compagnie subit également la concurrence de ses toutes puissantes voisines du Golfe, les Emirates, Qatar Airways et autres Etihad Airways, très présentes vers le sous-continent Indien et en pleine expansion vers l’Afrique.

« La demande pour les voyages vers ces villes baisse en raison de la croissance agressive de la concurrence régionale et de coûts d’exploitation en augmentation« , explique Nasser Lozi, le Président de Royal Jordanian. Face à une compétition féroce et mieux armée qu’elle, la petite compagnie membre de oneworld tentait d’attirer les voyageurs avec des prix bas, jusqu’au point ne plus pouvoir soutenir les lignes.

 

Nouveau modèle économique

En fait, c’est toute sa stratégie actuelle que Royal Jordanian s’apprête à revoir : axé aujourd’hui sur le marché peu rentable et hautement concurrentiel des correspondances entre l’Europe et l’Asie (dit de « sixième liberté« ), son modèle va évoluer pour se concentrer sur ses points forts, le Golfe et le Proche-Orient.

Pour y parvenir, la compagnie envisage notamment une modernisation de son parc aérien.

Actuellement composée d’une vingtaine d’appareils (douze Airbus de la famille A320 et huit Embraer), sa flotte de moyen-courrier sera renforcée avec une commande à l’étude d’une dizaine d’appareils supplémentaires, selon CAPA.

Quant à ses 7 gros-porteurs Airbus A330-200 et A340-300, la compagnie a prévu de les remplacer par 11 Boeing 787-8 Dreamliner (avec une possibilité de réduire la commande à 7)  : le premier arrivera en Août 2014 et quatre autres lui seront livrés avant la fin de l’année. La compagnie les destine en priorité à ses lignes transatlantiques vers Chicago, Détroit, Montréal et New York, où ils amélioreront les performances des A340 actuellement en service.

Royal Jordanian espère un retour aux bénéfices à partir de 2016.

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