MH17 : pour éviter l’Ukraine, Malaysia Airlines survole la Syrie en Airbus A380

Malaysia Airlines a opté pour un survol de la Syrie pour son vol MH4 KUL - LHR en A380 le 20/07/2014 - Source : Flightradar24

Malaysia Airlines a opté pour un survol de la Syrie pour son vol MH4 KUL – LHR en A380 le 20/07/2014 – Source : Flightradar24

 

Quatre jours après le crash d’un de ses Boeing 777-200ER dans l’Est de l’Ukraine, vraisemblablement abattu par un missile, Malaysia Airlines entreprend de survoler une autre de zone de conflits intenses, la Syrie. Un choix que ne partagent pas tous les opérateurs, Emirates demandant même de nouvelles règles.

 

Le vol MH4 d’hier 20 Juillet entre Kuala Lumpur et Londres Heathrow, assuré en Airbus A380, a survolé la Syrie, communique ce lundi matin le site Flightradar24 qui traque les avions en vol partout dans le monde grâce à la technologie ADS-B. Le super Jumbo du constructeur Européen peut emporter jusqu’à 494 passagers dans la configuration de Malaysia Airlines.

La carte ci-dessous montre l’itinéraire entier du vol MH4 le 20 Juillet. Les pointillés rouge indiquent la route orthodromique, la plus courte pour relier les deux villes en tenant compte de la courbure de la Terre.

 

Malaysia Airlines a opté pour un survol de la Syrie pour son vol MH4 KUL - LHR en A380 le 20/07/2014 - Source : Flightradar24

Malaysia Airlines a opté pour un survol de la Syrie pour son vol MH4 KUL – LHR en A380 le 20/07/2014 – Source : Flightradar24

 

L’information suscite déjà de nombreux commentaires sur Internet, révélant la sensibilité de l’opinion publique sur le choix des routes empruntées par les compagnies aériennes, quelques jours après le crash du vol MH17 au dessus de l’Ukraine.

Elle confirme aussi la confiance de la compagnie Malaysienne dans la possibilité de survoler des zones de conflit.

Pourtant, la plupart des opérateurs semblent moins assurés que Malaysia Airlines et évitent de survoler la Syrie, comme le montre cette autre carte de Flightradar24 (ci-dessous), révélant la position des appareils en vol cette nuit vers 00h00 UTC.

 

Contrairement à Malaysia Airlines, la plupart des opérateurs évitent de survoler la Syrie - Source : Flightradar24

Contrairement à Malaysia Airlines, la plupart des opérateurs évitent de survoler la Syrie – Source : Flightradar24

 

A la décharge de Malaysia Airlines, l’espace aérien Syrien n’est pas formellement interdit par les autorités dont relève cette compagnie, comme ne l’était pas non plus l’Est de l’Ukraine au moment de l’accident du vol MH17.

Au surplus, l’Airbus A380 assurant le vol MH4 Kuala Lumpur – Londres a survolé la Syrie à l’altitude de 40.000 pieds (environ 12.000 mètres), en principe hors de portée des équipements supposés être entre les mains des forces en présence, selon les rapports des services de renseignements.

Enfin, Malaysia Airlines peut arguer du fait que la plupart des routes aériennes reliant l’Asie du Sud-Est à l’Europe survolent des zones à risque, comme le Pakistan, L’Afghanistan, ou l’Iraq notamment. D’ailleurs, un certain nombres d’opérateurs ayant clamé qu’ils avaient cessé depuis plusieurs mois de survoler l’Ukraine au lendemain du crash du vol MH17 (Korean Air et Asiana Airlines par exemple), continuent de survoler ces pays d’Asie centrale et du Moyen-orient.

Vers de nouvelles règles pour le survol des zones à risque ?

Pourtant, l’attitude de Malaysia Airlines est controversée au sein même de l’industrie du transport aérien.

« Rien ne va plus« , disait en substance il y a deux jours le Président d’Emirates Airlines, Tim Clark, lors d’un entretien téléphonique avec l’agence Reuters, pour indiquer que la vie des passagers, et accessoirement le sort des avions, ne devait pas s’apparenter à un jeu de casino.

L’influent patron de l’un des principaux transporteurs aériens mondiaux appellent ses confrères à prendre leurs responsabilités et à s’organiser pour réévaluer les risques de survol des zones de conflit.

L’absence d’avertissement sur une menace croissante en Ukraine [avant l’accident du vol MH17] « devrait changer la façon dont les compagnies aériennes considèrent les conflits au sol et prennent le risque de survoler quelques-uns des points chauds de la planète« , déclare le PDG d’Emirates qui demande aussi la tenue d’un colloque international sur le sujet – et plus d’initiatives de la part de l’OACI.

Je pense qu’il faut maintenant de nouveaux protocoles et c’est à l’OACI, à l’IATA et à l’industrie du transport aérien d’en décider,

a déclaré Tim Clark.

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