Les services annexes rapportent plus à Air France-KLM qu’à Ryanair

Le choix d'un siège préféré comme option payante en tant que service complémentaire est une des pratiques qui s'est imposée en Europe sous l'effet des compagnies low-cost - Photo © Air France

Les services annexes, comme l’enregistrement des bagages payant ou le choix d’un siège préféré, sont de plus en plus rémunérateurs pour les transporteurs aériens – et pas seulement pour les « low-cost » : si celles-ci ont été à l’origine de la tendance, elles sont imitées aujourd’hui par les compagnies traditionnelles, qui ont manifestement bien compris la leçon.

Ainsi la vente de ces services annexes – les revenus ancillaires – a rapporté plus à un groupe comme Air France – KLM (1,266 milliard d’euros) qu’à Ryanair (1,247 milliard) ou EasyJet (1,022 milliard en 2013), selon l’étude annuelle d’IdeaWorks et CarTrawler. L’année précédente, Ryanair devançait encore le groupe franco-néerlandais.

Air France – KLM a développé toute une série d’initiatives pour développer ses revenus ancillaires : choix d’un « siège-plus » payant, réservation d’un repas amélioré en classe Economique dès l’achat du billet, ou maintien d’une option de réservation pendant quelques jours, par exemple.

En fait, à l’instar des low-cost, les compagnies traditionnelles ont une imagination sans limite quand il s’agit d’offrir des « prestations personnalisées » à leurs clients, moyennant redevance : Swiss International offre la possibilité d’acheter à l’avance un cadeau qui sera remis pendant le vol par l’équipage à un compagnon de voyage, et Austrian Airlines propose une trousse de toilette payante en classe Economie.

Bien d’autres sources de revenus ancillaires, parfois beaucoup plus sophistiquées, existent encore, telles les cartes bancaires co-marquées, associant paiement d’achat et gain de Miles sur un programme de fidélité. Et à ce jeu-là, les compagnies traditionnelles battent à plate couture les low-cost : la plupart ne disposent pas de tels programme de fidélisation, et ne proposent pas ces cartes co-marquées. Une carence qui a un prix : le programme Mileage Plus représente pour une compagnie comme United Airlines la moitié de ses revenus annexes, 2 milliards d’euros sur 4,2 milliards au total en 2013.

Malgré tout, les low-cost se montrent plus agressives que les compagnies traditionnelles pour vendre des prestations complémentaires : ainsi, pour l’Américaine Spirit Airlines, la vente de « services personnalisés » représente plus de 38% du chiffre d’affaires total (presque 25% chez Ryanair et 19% chez EasyJet). Aucune compagnie soit-disant « plein service » n’arrive à de tels niveaux.

Cette force des compagnies low-cost se remarque aussi dans le montant des prestations annexes par passager transporté, qui atteignent des records : jusqu’à 38 euros pour Spirit Airlines, soit 4 fois plus qu’en 2007.

« La révolution des revenus ancillaires« , comme l’appelle l’étude, a bien eu lieu : leur montant total chez l’ensemble des transporteurs considérés, low-cost ou traditionnels, a progressé de 1.200% en six ans, passant de 2,45 milliards de dollars en 2007 à 31,5 milliards de dollars en 2013.

Dans un environnement toujours plus compétitif, les services annexes permettent aux transporteurs d’accroître leur chiffres d’affaires sans augmenter le prix des billets d’avion, voire en le baissant.

Initié par les low-cost, le mouvement a pris de l’ampleur à tel point que les compagnies traditionnelles n’ont pas eu d’autres choix que de suivre pour survivre et c’est aujourd’hui toute une industrie qui en dépend : selon l’étude, les services annexes ont dégagé en moyenne pour les transporteurs 16 dollars US de recettes supplémentaires par passager; un chiffre à comparer avec celui de leur bénéfice moyen : 6 dollars US par passager en 2013, selon l’IATA.

Les revenus ancillaires croissent sans cesse en termes de montants, d’acceptation par les consommateurs, et de couverture géographique. Peut-être est-il temps de cesser de se référer à cette tendance comme une « révolution ». Les recettes auxiliaires sont devenues tellement banales, et tellement nécessaires à l’industrie, qu’elles ont évolué d’un stade révolutionnaire à ce qu’on peut appeler de simples « bonnes pratiques », conclut l’étude.

…….

 

Document 1 : Top 10 des compagnies aériennes : montant global des recettes complémentaires

Capture d’écran 2014-07-19 à 22.56.08

 

Document 2 : Top 10 des compagnies aériennes : part des recettes complémentaires dans leur chiffre d’affaires global

Capture d’écran 2014-07-19 à 22.55.39

 

Document 3 : Top 10 des compagnies aériennes : montant des recettes complémentaires par passager transporté

Capture d’écran 2014-07-19 à 22.56.22

…….

> Plus sur les revenus ancillaires

…….

Crédit photo : © Air France

Laissez un commentaire