Airbus met fin à l’A350-800

Visualisation de l'A350-800 - Finalement, Airbus préfèrerait améliorer l'A330 plutôt que de développer entièrement un nouvel appareil - Photo  © Airbus

Visualisation de l’A350-800 – Finalement, Airbus préfère apporter des améliorations incrémentales sur l’A330 plutôt que développer un nouvel appareil – Photo © Airbus

 

En lançant les A330-800neo et A330-900neo, le Président d’Airbus, Fabrice Brégier, a indiqué que l’A350-800 n’avait « plus de raison d’être« , mettant ainsi un point final au programme. A dire vrai, plus grand monde y croyait encore.

 

A deux ans de son entrée en service théoriquement prévue pour 2016, la plus petite version de l’A350 n’enregistrait plus que 34 commandes, soit 8 pour Aeroflot, 8 pour Asiana Airlines, 6 pour Hawaiian Airlines, 10 pour Yemenia et 2 pour Ansett Worldwide Aviation Services (AWAS).

A son lancement en 2008, l’A350-800 semblait pourtant promis à un bel avenir, avec 180 exemplaires retenus.

Mais l’évolution du marché mondial du transport aérien, l’augmentation des prix du carburant et la demande des compagnies aériennes pour des appareils toujours plus gros et plus efficaces a changé la donne, et entraîné la désaffection des opérateurs.

L’A350-800 a accumulé des annulations de commandes et surtout des reports sur la version -900, dont le succès contraste avec l’échec du petit frère : l’A350-900 a remporté 539 commandes à ce jour, sa certification est en cours et les premières livraisons doivent intervenir à la fin de cette année.

Le désamour subi par l’A350-800 souligne l’inefficacité des modèles raccourcis, qui n’ont jamais eu vraiment la cote chez les opérateurs. Leur efficacité est mise à mal par éléments structurels hérités du modèle supérieur dont ils dérivent, grevant leur masse et leurs performances en terme de coût opérationnel, voire les charges de leur maintenance.

Une erreur que n’a pas commise Boeing avec son modèle concurrent : pour son 787 Dreamliner, l’avionneur Américain a joué plus finement, en proposant d’abord une version « de base », le 787-8, puis deux versions allongées, les 787-9 et -10 avec des livraisons plus tardives.

Pour concurrencer la redoutable famille Dreamliner (à ce jour, 1.031 appareils commandés dans les trois versions confondues), Airbus alignera donc 4 modèles, les A330-800neo et -900neo, ainsi que les A350-900 et -1000.

Ce positionnement qui prend en tenaille le 787 en termes de capacité lui permet d’occuper tous les segments du marché des appareils longs-courriers de capacité moyenne, plus efficacement qu’avec le seul A350-800.

Surtout, le constructeur de Toulouse prend avec les A330neo un risque financier limité : le coût de développement du programme, qui ne porte que sur la modification d’un aéronef existant, est estimé entre 1,2 et 2 milliards de dollars selon les analystes.

L’investissement pourrait être rentabilisé avec la vente de quelques centaines d’exemplaires seulement, pour des prévisions de vente atteignant un bon millier d’appareils, un objectif que l’A350-800 semblait bien incapable d’atteindre.

Pour ses objectifs de vente, l’A330neo dispose d’une large base de clients, l’appareil s’étant vendu dans sa version d’origine à presque 1.300 exemplaires depuis son lancement au tout début des années 1990. Le neo partagera avec celui-ci 95% de ses éléments, une communalité qui facilitera la transition d’un modèle à l’autre, notamment en ne nécessitant pas de nouvelle certification de type pour les pilotes.

Enfin, le programme sera certifié en un temps record, Airbus annonçant des livraisons dès le quatrième trimestre 2017 pour l’A330-900neo et dès le début 2018 pour l’A330-800neo, un délai supplémentaire d’un an à un an et demi environ par rapport à l’A350-800.

En attendant, la réaction des 5 opérateurs qui détenaient encore des A350-800 dans leur carnet de commande sera observée à la loupe, la question étant de savoir s’ils se reporteront sur l’A330neo ou s’ils passeront à l’A350-900.

Hawaiian Airlines semble privilégier la première solution, les autres n’ont pas encore réagi.

…….

> Plus sur l’Airbus A330neo

> Plus sur l’Airbus A350

…….

© 2014 Air Info – Tous droits réservés

Laissez un commentaire