Corsair International retirera ses Boeing 747-400 en 2017. Quel successeur ?

B747-400 de Corsair International avec sa nouvelle livrée - © Lars Rollberg / Planespotters

B747-400 de Corsair International avec sa nouvelle livrée – © Lars Rollberg / Planespotters

 

Corsair International, la filiale Française du leader mondial du tourisme, TUI, entend retirer ses 3 Boeing 747-400 en 2017 et dit envisager pour leur remplacement « toutes les possibilités ». Pour Corsair, l’heure des choix arrive.

 

« Début 2017, nous n’aurons plus de 747. C’est un projet majeur pour la compagnie.

A la fin de l’année 2014, nous aurons fait un choix définitif sur nos avions futurs. A l’heure actuelle, je suis incapable de vous donner une réponse. Nous étudions toutes les possibilités »,

A déclaré le PDG de Corsair, Pascal de Izaguirre, lors d’une interview à Tourmag.

Avec 3 exemplaires en opération dans sa flotte (F-GTUI, F-HSUN, F-HSEA), Corsair est la deuxième compagnie en plus d’Air France (7 exemplaires) à opérer des Boeing 747-400 sous pavillon Français, et comme elle, a décidé de les remplacer à court terme : le fameux Jumbo Jet à la silhouette emblématique n’a plus la cote, ses quatre moteurs d’ancienne génération sont trop gourmands, et ses frais de maintenance grimpent avec le temps.

D’ailleurs, pour expliquer le dérapage de ses comptes en début d’année, Corsair évoque des problèmes inattendus liés à la maintenance de ses appareils, sans cependant mettre en cause nommément ses 747.

Ceux-ci sont rentrés en service en 1992/1993 chez l’Américaine United Airlines qui s’en est séparée en 2005. Corsair les opère actuellement en configuration bi-classe pour recevoir 533 passagers dont 36 en classe Grand Large (Affaires) sur le pont supérieur.

En plus de ses 3 Boeing 747-400, Corsair exploite également 2 Airbus A330-200 (304 sièges) et 2 A330-300 (360 sièges).

Quel successeur au 747 dans la flotte de Corsair ?

Pour renouveler sa flotte de Jumbo Jets, totalisant une capacité d’environ 1.600 sièges, Corsair dispose de plusieurs possibilités : à supposer qu’elle acquiert ses prochains appareils neufs et qu’elle cherche à stabiliser ses capacités (sans prévoir d’augmentation massive ou de réduction drastique du nombre de sièges disponibles), son choix pourrait consister entre 5 Airbus A330-300, ou encore 4 Airbus A350-900/1000 à l’instar de son alliée mais néanmoins concurrente Air Caraïbes qui en a commandé 6 exemplaires à la fin de l’année dernière avec des livraisons attendues dès 2016.

N’excluant aucune possibilité, Corsair envisagerait-t-elle également l’A380 ? Le pari serait en tout cas risqué pour la compagnie. Le coût de l’appareil reste élevé : 414 millions de dollars US l’unité au prix catalogue, quand Corsair réalise un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 480 millions d’Euros (2013).

D’autres transporteurs « loisirs » ont certes imaginé des modèles économiques fonctionnant avec des versions haute densité du super Jumbo de l’avionneur Européen.

Ainsi, la Russe Transaero a commandé 4 exemplaires de l’A380 dans lesquels elle prévoit d’installer 652 sièges. Les appareils doivent lui être livrées entre 2015 et 2018.

> Lire : Transaero configurera ses Airbus A380 avec 652 sièges (17/04/2014)

Mais Air Austral, basée à la Réunion, est de son côté très indécise sur la création d’une low-cost long-courrier avec 2 Airbus A380 mono-classe de 800 sièges chacun. Le projet est remis à plus tard et la compagnie négocie avec Airbus une conversion de sa commande pour des appareils de moindre capacité (A350).

En outre, Corsair souffre d’handicaps structurels pour remplir un ultra gros porteur : la compagnie ne peut prétendre à l’existence d’un véritable hub à Paris Orly pour alimenter ses appareils avec des passagers en correspondance, malgré un embryon d’une telle stratégie révélée par les récents partenariats signés avec Emirates et British Airways / Openskies. Corsair reste également fortement exposée à un phénomène de saisonnalité en raison de la nature de son trafic passagers, typé « vacances ».

La compagnie pourrait également faire son marché du côté de Boeing, où les 787, 777-300ER, voire le 747-8i sont des alternatives possibles. Pour ce dernier modèle, Corsair pourrait être attiré par la communalité existante avec le 747-400 (notamment pour les pilotes) mais ferait face aux mêmes problèmes qu’avec l’A380, sans compter que ce quadrimoteur n’a pas vraiment réussi à convaincre les compagnies aériennes : seule Lufthansa l’exploite actuellement, mais dans une configuration fortement typée Affaires, très éloignée du modèle de Corsair.

Le 787 Dreamliner a déjà fait l’objet de commandes par plusieurs autres filiales du groupe TUI, notamment Thomsonfly, JetAirfly, ou Arkefly qui vient de recevoir son premier exemplaire.

Quant au 777-300ER, l’appareil est souvent vu comme un successeur potentiel au 747-400, dont il s’approche en termes de capacités. Même s’il n’est plus de toute dernière génération et si son propre successeur le 777X doit arriver à la fin de la décennie, le triple-7 reste efficace notamment en version haute configuration (Air France opère une version « COI » de 464 sièges sur bon nombre de destinations que sert également Corsair).

Sur les chaînes de production, il bénéficie d’une bonne disponibilité à l’horizon 2017. Enfin son constructeur Boeing pourrait consentir des remises importantes sur ce modèle en fin de carrière. Autant de critères qui pourraient également séduire Corsair.

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2 commentaires sur “Corsair International retirera ses Boeing 747-400 en 2017. Quel successeur ?

  1. l’A380 n’est pas une option envisageable, car interdit à Orly, sauf urgence. ça veut dire concrètement que Corsair quitterait Orly Sud pour CDG? pas possible, surtout quand on voit ce que la compagnie apporte à celui-ci

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