Le Venezuela paie ses dettes envers six compagnies aériennes

Aeromexico : Boeing 787-8 © Boeing

Aeromexico fait partie des compagnies aériennes créancières du gouvernement Vénézuélien. Ici un Boeing 787-8 de la compagnie © Boeing


 

Alors qu’il bloque les fonds des compagnies aériennes étrangères depuis deux ans, le gouvernement Vénézuélien a mis du leste hier en annonçant procéder au règlement de sa dette envers 6 transporteurs. Même si le geste va dans la bonne direction, l’effort reste modeste.

 

Les paiements effectués concernent AeroMexico, Aruba Airlines, Insel Air, et Tame Ecuador au titre de leurs opérations pour l’année 2013, ainsi qu’Avianca et Lacsa-taca pour l’année 2012.

Les montants remboursés n’ont été précisés ni par les autorités ni par les compagnies mais étant donné la taille de leurs opérations vers le Venezuela, il ne s’agit que d’une fraction des 3,8 milliards de dollars US que le pays doit aux compagnies internationales, selon le chiffre de l‘International Air Transport Association (IATA).

L’Américaine American Airlines et la Panaméenne Copa Airlines ne figurent pas parmi les bénéficiaires alors qu’elles sont les deux principaux opérateurs vers le pays. Le gouvernement s’est cependant dit prêt à autoriser le remboursement de leurs avoirs dans un délai de six mois.

Une vingtaine de compagnies aériennes resteraient encore dans l’attente d’un paiement.

Le blocage des fonds à l’intérieur du pays amenuise la rentabilité des vols, d’autant plus que le Venezuela subit une inflation galopante, de l’ordre de 60% par an, avec pour effet de diminuer d’autant la valeur des avoirs détenus en bolivars, la monnaie locale.

Ainsi la low-cost Brésilienne GOL, qui opère sur la route Sao Paulo – Caracas, a indiqué avoir enregistré pour cette seule ligne une perte de 34 millions de dollars US pour le premier trimestre 2014, liée à la dépréciation de la devise vénézuélienne, tandis que ses avoirs bloqués s’élèveraient à 159 millions de dollars.

De son côté, le groupe Air France-KLM a indiqué que ses résultats financiers du 1er trimestre 2014 intégraient « 117 millions d’euros de pertes de change, y compris un ajustement de la valeur de la trésorerie détenue par le groupe au Vénézuela afin de tenir compte du risque de conversion« .

Face à cette situation, les compagnies aériennes commencent à se retirer du pays, comme Air Canada depuis la mi-Mars, ou bien s’apprêtent à le faire, comme Alitalia, qui a annoncé arrêter la desserte de Caracas depuis Rome à compter du 2 Juin prochain.

> Lire : Air Canada : 3ème compagnie à suspendre ses vols vers Caracas (18/03/2014)

> Lire : Alitalia quitte le Venezuela (16/05/2014)

D’autres transporteurs ont réduit leurs opérations, comme Air France, ou encore cesser de vendre des billets libellés en bolivar.

> Lire : Pourquoi Air France réduit son offre vers le Venezuela de 45% (07/03/2014)

Dans ce contexte tendu, le paiement d’une partie des avoirs jusqu’ici bloqués pour six transporteurs vise à calmer momentanément les esprits, d’autant plus que le gouvernement Vénézuélien a pris une seconde mesure en faveur des compagnies aériennes.

Celles-ci sont autorisées, à compter du 1er Juillet prochain, à appliquer un taux de change qui leur est plus favorable pour la vente des billets d’avion en monnaie locale, sur la base de 50 bolívars pour 1 dollar US contre 11 bolívars pour 1 dollar actuellement.

Ce sont cependant les Vénézuéliens qui feront les frais de cette mesure : selon El Pais internacional, les prix des billets d’avions au départ du Venezuela vont augmenter de 350%.

Pendant ce temps, le pays s’enfonce dans une crise sévère, la pénurie affectant une bonne partie de l’économie avec comme conséquences une agitation populaire et des émeutes dans les grandes villes.

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