Après les premiers effets positifs de son plan stratégique, Gulf Air envisage de rejoindre une alliance mondiale

Airbus A320 de Gulf Air - © Gulf Air

Airbus A320 de Gulf Air – © Gulf Air

 

Un an après l’application d’un plan stratégique qui vise à rétablir sa compétitivité et la qualité de son service, Gulf Air, compagnie nationale de Bahrein, annonce qu’elle pourrait rejoindre une alliance de compagnies aériennes.

 

« La compagnie envisage (…) un certain nombre de partages de codes et est ouverte à rejoindre une alliance qui fournirait davantage de connectivité mondiale au Royaume de Bahreïn »,

a ainsi indiqué Kamal Bin Ahmed, ministre des transports et président du comité de restructuration de Gulf Air.

 

Gulf Air et les 3 alliances mondiales

Si Gulf Air n’en dit pas plus sur ses intentions, la compagnie a déjà conclu des accords de partages de codes avec des membres de chacune des 3 alliances mondiales, 3 de oneworld (American Airlines, Malaysia Airlines et Royal Jordanian Airlines), 2 de Skyteam (KLM et Saudia) et 2 de Star Alliance (Egyptair et Thai Airways).

En rejoignant oneworld, Skyteam ou Star Alliance, Gulf Air serait en mesure d’offrir non seulement plus de destinations et plus d’avantages commerciaux à ses clients, mais elle inscrirait aussi le petit royaume de Bahrein sur la carte mondiale du transport aérien.

Toutefois, pour adhérer à l’une de ces trois alliances mondiales, l’impétrant doit être parrainé par une compagnie aérienne déjà membre.

Reste à savoir laquelle et quand.  En fait, Gulf Air pourrait attiser les convoitises de chacune des trois alliances, mais surtout de Star Alliance, dépourvue de membre dans la région du Golfe Persique, tandis que Skyteam peut compter sur Saudia et oneworld sur Qatar Airways.

Quoi qu’il en soit, les alliances mondiales de compagnies aériennes restent toujours à la recherche de nouveaux candidats, et Gulf Air pourrait devenir un élément de réplique dans les stratégies de celles-ci face à l’expansion agressive des compagnies du Golfe, d’autant plus que sur les trois géants que sont Emirates à Dubai, Qatar Airways à Doha, et Etihad à Abu Dhabi, deux (Emirates et Etihad) ont constamment répétés qu’ils ne rejoindraient aucune alliance, préférant faire cavalier seul dans leur stratégie d’expansion mondiale.

Outre l’aspect stratégique de sa situation au coeur d’une des régions où la croissance du le trafic aérien est l’une des plus fortes au monde, la compagnie nationale de Bahrein est également bien implantée localement, avec notamment 5 destinations au Pakistan, 4 en Inde ou 2 en Iran, des pays à fort potentiel.

Carte des destinations de Gulf Air (Mai 2014) - Source : Gulf Air

Carte des destinations de Gulf Air (Mai 2014) – Source : Gulf Air

 

Les premiers effets du plan stratégique initié en 2012

L’autre attrait de Gulf Air réside dans ses ambitions et le soutien de son gouvernement : en proie à une récession économique en 2011 à cause de troubles politiques, Bahrein a su rebondir en 2012-2013 grâce à l’essor du tourisme, selon le site d’information de la CIA. Du coup la compagnie aérienne, aidée par une politique gouvernementale d’inspiration très libérale, pourraient s’inscrire dans une nouvelle stratégie nationale.

De fait, Gulf Air cherche maintenant à préciser son modèle économique après avoir mal vécu le développement phénoménal de ses voisines. Les premiers effets de son plan de restructuration lancé en 2012 commencent à se mesurer : On ne parle pas encore d’équilibre, mais ses pertes financières ont été réduites de moitié (-52%) entre 2013 et 2012, pour atteindre l’équivalent de 28 millions d’euros, un résultat meilleur que les objectif fixés initialement mais aussi la meilleure performance des 8 années précédentes.

Les recettes passagers ont progressé (+14% entre 2013 et 2012) mais Gulf Air a su également baisser drastiquement ses coûts (-28% en un an), en renégociant ses contrats de location d’avions, en retirant les plus anciens, en fermant huit lignes déficitaires, en réduisant les frais de personnel et en augmentant leur productivité, ou encore en renégociant plus de 2.000 contrats avec ses divers fournisseurs. Pour l’année 2014, la compagnie aérienne vise une nouvelle réduction de ses pertes de l’ordre de 10%.

Pour autant, Gulf Air n’a pas oublié d’être offensive, en ouvrant cinq nouvelles destinations (dont une en Europe, Athènes) et en augmentant les fréquences vers huit autres, avec l’Inde, le Pakistan et le Moyen-orient comme cibles prioritaires.

Les 14 avions retirés de la flotte en 2013 ont permis d’abaisser l’âge moyen à 5,6 ans selon le site airfleets.fr, un niveau historique depuis la création de la compagnie il y a 64 ans.

La compagnie a également entrepris de rénover les cabines de ses Airbus A330 (en service notamment vers Londres et Bangkok), offrant des sièges-lits en classe Affaires, une cabine Economy améliorée et un système de divertissement individuel (IFE) plus moderne.

> Lire aussi : Gulf Air modernise ses Airbus A330 (20/01/2014)

Enfin, son taux de ponctualité à atteint 93%, le meilleur score du Moyen-Orient.

Actuellement « tout Airbus » (16 A320, 6 A321, et 6 A330), la flotte de Gulf Air se diversifiera dans le cours de la décennie, avec la livraison de 16 Boeing 787-8 Dreamliner, 10 avions régionaux Bombardier CS-100, sans oublier 16 Airbus A320neo en commande.

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