Vol AF447 : Air France demande la nullité de la contre-expertise réclamée par Airbus

Le repêchage de l'épave du vol AF447 au large du Brésil. L'accident a fait 228 victimes.

Le repêchage de l’épave du vol AF447 au large du Brésil. L’accident a fait 228 victimes.

 

Air France déposera dans les prochains jours devant la Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de Paris  un recours en nullité à l’encontre du rapport de contre-expertise ayant conclu à la responsabilité de ses pilotes dans l’accident du vol AF447. Cette contre-expertise avait été demandée par Airbus.

 

La catastrophe du vol Rio-Paris d’Air France en juin 2009 est due à «une réaction inappropriée de l’équipage après la perte momentanée des indications de vitesse», avait conclu le 30 Avril 2014 la contre-expertise ordonnée dans l’enquête judiciaire sur l’accident du vol AF447.

Air France a constaté que cette contre-expertise a été conduite de manière unilatérale et non contradictoire, en violation du principe même du procès équitable, la Compagnie n’ayant pas, quant à elle, été invitée à participer aux travaux des experts.

 

De ce fait, les éléments de ce rapport font une présentation partiale et tronquée des causes de l’accident qui porte atteinte aux droits fondamentaux de la défense d’Air France. Le rapport omet de nombreux éléments, qui concernent en particulier le fonctionnement de l’avion et qui figuraient dans le rapport définitif du BEA et le premier rapport d’expertise judiciaire. Certains des éléments omis ont d’ailleurs fait l’objet depuis de mesures correctrices de la part de l’industrie,
a indiqué Air France hier.

 

A la suite de l’accident qui a fait 228 victimes, une enquête judiciaire a été ouverte dans laquelle à la fois Airbus et Air France sont mis en examen pour homicide involontaire.

 

Un premier rapport a été dressé par l’autorité Française compétente, le Bureau d’Enquête et d’Analyse (BEA), qui avait conclu à la responsabilité partagée des deux parties.

 

Une contre-expertise a été demandée par Airbus et le collège de cinq experts chargés de son élaboration a dressé une liste de 14 facteurs contributifs par ordre d’importance, qui ne retient que la responsabilité de l’équipage et d’Air France, évoquant notamment : «l’absence d’analyse structurée de la panne présente», «la non-compréhension de la situation», «la répartition des tâches dans le cockpit qui n’a pas été appliquée de manière rigoureuse», mais aussi l’«absence de directives claires de la part d’Air France malgré plusieurs cas analogues faisant suite à des givrages des sondes Pitot et donc un retour d’expérience insuffisant».

 

Cette contre expertise souligne également «l‘insuffisance de la formation des pilotes dans l’application de la procédure ‘IAS douteuses’», en l’occurrence lors de la perte des indications de vitesse en raison du givrage des sondes.

 

Les pilotes d’Air France membres du SNPL contestent également les conclusions de cette contre-expertise, pour lesquels elles constituent « un retour à la préhistoire de l’analyse des accidents aériens dans lequel les pilotes disparus ont systématiquement à en endosser l’entière responsabilité. »

 

Quant aux familles des victimes, un des avocats qui leur est proche, Me Yassine Bouzrou, a jugé le rapport «plein de contradictions et d’imprécisions». «Les experts se contentent de blâmer les pilotes tout en éludant la question centrale des défaillances techniques», a-t-il indiqué à l’AFP.

 

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