ATR, l’autre « success story » de l’aéronautique Européenne

ATR72-600 - © ATR

Un ATR décolle toutes les 20 secondes quelque part dans le monde – Ici, un ATR72-600 – © ATR


 

Ses performances commerciales sont souvent éclipsées par celles du géant Airbus : également basé à Toulouse, ATR a pourtant réussi à s’imposer sur le marché des avions régionaux de moins de 90 places. Ainsi, grâce à des ventes records sur les quatre premiers mois de l’année, le constructeur de turbopropulseurs revendique à présent 80% de part de marché, sur un segment en pleine croissance.

 

2014 s’annonce déjà comme une nouvelle année record pour ATR ! L’avionneur a annoncé hier avoir enregistré pour sa série -600 plus de 100 commandes fermes sur les quatre premiers mois de 2014, soit plus que pour la totalité de 2013. Les 89 commandes fermes de l’année dernière représentaient pourtant un résultat jamais atteint par ATR, marquant une progression de +20% par rapport à l’année 2012.

Dans le détail, en plus des commandes déjà révélées depuis le 1er Janvier pour 26 ATR 72-600 fermes et 20 options, ATR indique avoir signé 8 nouveaux contrats portant sur la vente de 81 avions fermes et des options pour 41 appareils supplémentaires. La plupart de ces nouvelles commandes seront annoncées prochainement, précise l’avionneur à quelques semaines de l’ouverture du salon de Farnborough.

Du coup, ATR laisse sur place son plus proche concurrent : face à la centaine de commandes de cette année, le Canadien Bombardier, en a communiqué 17 sur la même période pour son modèle Q400 (y compris les conversions d’options antérieures).

En fait, c’est à une véritable accélération des commandes à laquelle on assiste chez l’avionneur qui ne construit que des turbopropulseurs : depuis 2005 (année considérée comme celle de la « reprise » des avions à hélices), le nombre de ses appareils en opération dans le monde a augmenté de 50% pour atteindre 953 aéronefs au début de l’année 2014 (contre 638 en 2005). De même, la moitié des 1.328 ventes enregistrées depuis sa création en 1981 – il y a donc 33 ans – a été signée au cours des 9 dernières années.

 

Un ATR décolle toutes les 20 secondes quelque part dans le monde

Progressivement, ATR s’est donc imposé comme le leader du marché des avions régionaux de moins de 90 places, délaissé par les deux géants du secteur, Airbus et Boeing. L’emprise de l’avionneur, détenu à part égale par Airbus et Alenia Aeronautica (groupe Finmeccanica), s’étend à l’échelle mondiale. 

Répartition des 1.328 commandes fermes d'ATR (1T2014) - © 2014

Répartition des 1.328 commandes fermes d’ATR (1T2014) – © 2014

Opérateurs des ATR dans le monde - © ATR

Opérateurs des ATR dans le monde – © ATR


 

Ainsi, un ATR décolle toutes les 20 secondes quelque part dans le monde, selon les calculs du constructeur.

Si l’Europe reste le continent où l’on dénombre le plus d’ATR en opération, les marchés émergents de l’Amérique du Sud et de la zone Asie-Pacifique sont en plein essor.

Les ATR en opération dans le monde - © ATR

Les ATR en opération dans le monde – © ATR


 

Les raisons d’un succès commercial

Son succès, ATR le doit à une gamme de deux avions qui couvrent l’ensemble du segment des avions régionaux, avec le modèle ATR42 de 50 places environ ainsi que l’ATR72 de 70 places environ, ce dernier représentant les deux tiers des appareils commandés (888 contre 440 pour l’ATR42).

La série -600, la plus moderne de sa production, vendue à 470 exemplaires (dont 150 environ en exploitation) intègre les dernières technologies, comme le recours aux matériaux composites qui contribuent à 20% de sa structure : leur poids plus léger se traduit par un gain sur la consommation de carburant et des effets positifs sur l’environnement.

Gain opérationnel des turbopropulseurs face aux jets en fonction de la distance parcourue - Source : ATR

Gain opérationnel des turbopropulseurs face aux jets en fonction de la distance parcourue – Source : ATR

Sur le plan opérationnel, les turbopropulseurs font la différence : ATR estiment que ses appareils de dernière génération réduisent les coûts de 35 à 45% par rapport aux avions à réaction, plus gourmands en carburant et plus chers à entretenir, alors que les temps de vols sur des distances courtes ne subissent pas d’allongement significatif.

Enfin, côté confort pour les passagers, les turbopropulseurs d’aujourd’hui n’ont plus rien à envier aux avions à réaction : ATR propose un aménagement de la cabine en deux classes de voyages, un système de divertissement en vol (IFE), voire la compatibilité de la porte avant des appareils avec les passerelles d’aéroport pour des embarquements et débarquements de passagers plus fluides.

 

Ces qualités expliquent la percée d’ATR ces dernières années. L’avionneur dispose aujourd’hui d’un carnet de commande bien rempli, dépassant largement les 300 appareils. 

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