Le pari risqué d’Odyssey, l’autre compagnie 100% classe Affaires au dessus de l’Atlantique

Odyssey, une nouvelle compagnie aérienne 100% classe Affaires au départ de Londres City

Odyssey, une nouvelle compagnie aérienne 100% classe Affaires au départ de Londres City

 

Après Dreamjet qui veut opérer des vols 100% classe Affaires entre Paris et New York dès Juin 2014, une autre compagnie en gestation envisage de se lancer sur le marché transatlantique avec une seule classe Premium, cette fois-ci au départ de Londres : Odyssey, qui utilise une méthode originale pour se financer, prévoit de voler dès l’année 2016. Mais son modèle reste flou et son pari risqué.

 

C’est au crowfunding qu’a recours Odyssey pour réaliser les investissements nécessaires à son lancement, une méthode de financement participative d’un grand nombre d’individus, sans l’aide des établissements financiers traditionnels. La nouvelle compagnie, menée par Adam Scott, un ancien banquier de Goldman Sachs, entend ainsi lever de nouveau 5 millions de livres sterling en 2014 avant d’approcher les institutions financières en 2015 pour obtenir 60 millions de livres sterling supplémentaires, rapporte le Financial Times.

La méthode de financement est originale, le modèle économique aussi.

 

Un modèle 100% classe Affaires

Odyssey espère opérer dès 2016 au départ de Londres City des vols 100% classe Affaires en Bombardier Cseries, vers d’autres aéroports situés à proximité des centres-villes en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et au-delà, indique son site Internet.

L’aéroport de Londres City n’est situé qu’à quelques encablures de Canary Wharf et du centre de la capitale Londonienne, recueillant ainsi  la préférence des hommes d’affaires. Mais ses capacités sont limitées comme le gabarit des avions autorisés à y opérer en raison de sa courte piste.

 

L'aéroport de Londres City, à quelques encablures du centre financier de Canary Wharf - © London City Airport

L’aéroport de Londres City, à quelques encablures du centre financier de Canary Wharf – © London City Airport

 

Sous réserve de l’obtention des licences nécessaires, le service envisagé par Odyssey s’inspire des vols BA001 et BA003 de British Airways qui opèrent déjà depuis Londres City vers New York JFK en Airbus A318 configurés « tout classe Affaires » avec 32 sièges seulement. Ces deux vols quotidiens font escale à Shannon en Irlande pour se réapprovisionner en carburant, laissant le temps aux passagers de passer les contrôles d’immigration Américains installés dans l’enceinte de l’aéroport Irlandais. La procédure permet de gagner du temps à l’arrivée à New York puisque ces vols sont alors considérés comme domestiques.

Mais le modèle d’Odyssey reste sujet à certaines interrogations : contrairement à British Airways, Odyssey évoque des vols sans escale vers l’Amérique du Nord.

 

Un projet flou

Pour ses opérations, la compagnie dit avoir réservé 10 Bombardier CSeries, un nouvel appareil en cours de certification qui serait poussé au maximum, voire au delà, de ses capacités sur une route telle que Londres – New York : l’avionneur Canadien mentionne une autonomie maximale de 5.463 kilomètres pour son aéronef en configuration de 100 places, alors que la distance orthodromique – qui ne tient pas compte des différents aléas de navigation – est déjà de 5.587 kilomètres (figure 1).

 

Figure 1 : Distance entre les aéroports de New York JFK et Londres City. Le cercle rouge indique la distance franchissable maximale d'un Bombardier Cseries au départ de Londres City, nonobstant les contraintes opérationnelles à l'aéroport

Figure 1 : Distance entre les aéroports de New York JFK et Londres City. Le cercle rouge indique la distance franchissable maximale d’un Bombardier Cseries au départ de Londres City, nonobstant les contraintes opérationnelles à l’aéroport

 

Encore faut-il préciser qu’il s’agit là d’une autonomie maximale qui ne tient pas compte des réserves obligatoires.

Certes, Odyssey ne prévoit de transporter que 40 passagers à bord de ses CSeries, nettement moins que la configuration standard retenue par le constructeur, laissant penser que la distance franchissable peut être augmentée grâce à une charge passagers et bagages allégée.

Mais les contraintes opérationnelles depuis Londres City ne permettent pas au CSeries de rejoindre l’autre bord de l’Atlantique : en raison de la courte piste, la distance franchissable par l’appareil avec 110 sièges est de 3.148 kilomètres maximum selon les calculs du constructeur (figure 2).

 

Figure 2 : distance maximale franchissable par un Bombardier CS-100 de 110 places au départ de Londres City en fonction des contraintes opérationnelles - Source : Bombardier

Figure 2 : distance maximale franchissable par un Bombardier CS-100 de 110 places au départ de Londres City en fonction des contraintes opérationnelles – Source : Bombardier

 

Même avec 40 sièges seulement, il parait difficile que le Cseries puisse rejoindre New York ou toute autre grande ville des Etats-Unis directement depuis Londres City.

Le pari d’Odyssey semble donc bien risqué et celui des investisseurs pourrait l’être encore plus.

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2 commentaires sur “Le pari risqué d’Odyssey, l’autre compagnie 100% classe Affaires au dessus de l’Atlantique

  1. Concernant les vols BA, seul BA1 effectue les formalités d’immigration et de douanes à SNN. Le vol BA3 effectue l’escale pour faire le plein de carburant, mais pas l’immigration, ce qui réduit grandement son intérêt.

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