Remous dans l’air à 3 jours de la grève d’un mois des pilotes Français

Commandant de bord et officier pilote dans le cockpit appareil d'Air France. - © Air France

Commandant de bord et officier pilote dans le cockpit appareil d’Air France. – © Air France

 

Alors que la grève de 28 jours des pilotes du syndicat SNPL doit débuter ce week-end, la tension monte de toute part.

 

Air France et son PDG ont hier indiqué se sentir « pris en otage« .

> Lire : Air France prise en otage par les pilotes de ligne (29/04/2014)

Quelques heures plus tard, la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM), qui regroupe tous les acteurs de la chaîne du transport, a condamné « avec la plus grande fermeté ce nouvel appel à la grève« .

Si le ton est mesuré, le message de la FNAM est à l’identique de celui d’Air France, regrettant qu’un litige entre les pilotes et les pouvoirs publics déteignent sur des entreprises privées qui sont étrangères au conflit.

« Comme on le sait, le pavillon français ne cesse de perdre des parts de marché, la Fnam s’insurge fortement contre ce nouveau mouvement social qui pénalise essentiellement et une fois de plus les compagnies aériennes françaises et leurs passagers« ,

indique la Fédération dans son communiqué, avant de prévenir :

« Si cette grève d’une durée exceptionnelle d’un mois est maintenue, elle portera, une fois de plus, un gros préjudice aux entreprises françaises, et à elles seules, alors même que, dans un contexte de concurrence exacerbée, après des années d’efforts d’adaptation, elles sont encore très fragiles en termes de compétitivité. La concurrence appréciera l’aide ainsi apportée. 

Les pouvoirs publics ont également réagi : ce matin, le SNPL France Alpa a été reçu par le secrétariat d’Etat aux Transports. « Les pilotes ont pu exposer leurs revendications et des réponses opérationnelles ont été apportées à trois des quatre demandes qu’ils ont formulées« , indique un communiqué du secrétariat d’état.

Une ouverture se dessine sur les sujets des taxes auxquelles sont soumises les compagnies aériennes Françaises, la création d’une convention collective pour les pilotes et le passage des filtres de sécurité.

Mais concernant la question la plus litigieuse, portant sur un réaménagement de la loi Diard, si le gouvernement dit entendre les revendications des pilotes, il se montre ferme sur le principe de libre circulation communautaire.

« Le gouvernement rappelle que la mise en place de cette loi ne saurait constituer une atteinte à l’exercice fondamental du droit de grève mais permet d’informer les passagers des perturbations prévues 24 heures avant leur départ »,

écrit le secrétariat d’état dans son communiqué.

Si les négociations avec le gouvernement se poursuivent, un bras de fer semble s’entamer entre les pilotes d’un côté et Air France de l’autre.

Après la lettre ouverte du PDG de la première compagnie Française, le Président du SNPL lui répond sur un terrain plus personnel, disant « préférer un débat public, ouvert et transparent » aux « discussions entre collègues de promotion et petits arrangements entre amis« .

Surtout, le SNPL évoque un « climat social au plus fort de sa tension« , accuse Air France d’être « loin de tout reproche » concernant le recours à des pilotes étrangers en cas de grève en France, et rappelle les efforts consentis par les pilotes dans le cadre du plan de d’entreprise Transform 2015.

« Il conviendrait de balayer devant votre porte avant de stigmatiser les pilotes de ligne« ,

accuse le Président du SNPL, qui dit vouloir se consacrer à utiliser « le temps précieux disponible jusqu’au conflit pour obtenir des réponses à [ses] demandes« .

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> Plus sur la grève du SNPL pour le mois de mai 2014 en France

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