Etihad – Alitalia : la douche froide

Boeing 777-300ER d'Etihad et Boeing 777-200 ER d'Alitalia en vol

Boeing 777-300ER d’Etihad et Boeing 777-200 ER d’Alitalia en vol


 

Alitalia s’attendait à recevoir cette semaine une proposition d’Etihad pour sa reprise. Mais de lettre d’intention il n’y a point eu. C’est une douche froide pour la compagnie Italienne au bord de la faillite.

 

Etihad Airways a bien fait parvenir une lettre mercredi 16 Avril au soir à Alitalia mais il ne s’agissait pas d’une proposition d’acquérir jusqu’à 49% de son capital comme l’espérait la partie Italienne.

Au lieu de cela, la compagnie d’Abu Dhabi demande des garanties supplémentaires avant de continuer les négociations et d’envisager une offre en bonne et due forme.

Le détail de la lettre n’a pas été révélé, mais selon la presse Italienne, Etihad serait insatisfaite des avancées obtenues sur le dossier de la dette d’Alitalia, qu’elle négocie avec les banques créancières qui sont aussi actionnaires de la compagnie Italienne.

Etihad chercherait à obtenir la re-structuration du passif d’Alitalia à hauteur de 400 millions d’euros.

Déjà, à la fin de l’année dernière, les négociations entre Alitalia et Air France-KLM ont échoué après que le groupe Franco-néerlandais eut demandé un effacement total de la dette du transporteur Italien. Ni les banques ni l’Etat n’étaient alors disposés à une telle concession.

Une autre pierre d’achoppement semble encombrer le chemin d’une reprise par Etihad : la compagnie d’Abu Dhabi exigerait des garanties supplémentaires sur la desserte de l’aéroport de Milan Linate où elle veut renforcer son réseau. Le sujet est très controversé en Italie du Nord où certains milieux politiques et économiques craignent une désaffection de Malpensa, le deuxième aéroport de la métropole milanaise.

En revanche, le Premier Ministre Matteo Renzi a formellement démenti hier les rumeurs selon lesquelles Etihad demanderait la suppression de 3.000 emplois.

Après de telles demandes, le journal Il Messaggero n’a pas hésité à parler d’une rupture des négociations entre Etihad et Alitalia.

Le gouvernement se montre plus optimiste. « Si les réponses convainquent Etihad, elle arrivera rapidement à une lettre d’intention« , déclarait le ministre des Transports, Maurizio Lupi.

De son côté, le premier Ministre Matteo Renzi semblait plus en recul, déclarant que « le gouvernement ne veut pas et ne peut intervenir. Il existe des accords d’entreprise sur lesquels [il] ne peut pas discuter« , en allusion notamment à la restructuration de la dette détenue par des banques privées.

Qu’il s’agisse d’une rupture ou non, voire d’un stratagème d’Etihad pour obtenir davantage de concessions, la demande de la compagnie d’Abu Dhabi a pour seul effet de retarder la reprise d’Alitalia, menacée d’asphyxie financière.

La marge de manoeuvre du gouvernement Italien est fortement réduite : la Commission Européenne a déjà fait comprendre qu’elle n’accepterait aucune intervention financière de l’Etat dans un éventuel sauvetage d’Alitalia en ouvrant une enquête sur la prise de participation des Postes Italiennes dans son capital en Décembre 2013.

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