Vol MH370 : la Malaisie accusée de laxisme

 

Dans sa gestion de l’affaire du vol MH370, la Malaisie est une nouvelle fois montrée du doigt. Cette fois-ci, l’attaque, cinglante, vient de l’agence de police internationale Interpol, qui accuse de laxisme les autorités du pays.

 

MH370 : logo InterpolMise en cause par Kuala Lumpur, Interpol se défend.

S’exprimant devant des journalistes, le ministre Malaysien de l’Intérieur, Datuk Zahid a en effet déclaré le 26 Mars 2014 qu »‘interroger la base de données d’Interpol pour chaque passager au départ ou à l’arrivée prendrait trop de temps » en raison de la taille de cette base « qui contient des informations sur plus de 40 millions de passeports« .

Parlant d’une « attaque injustifiée », Interpol, l’agence de police internationale basée à Lyon, répond dans un communiqué cinglant daté du 28 Mars que les requêtes effectuées sur ses bases de données ne mettent que 0,2 seconde pour apparaître.

« Le fait est que les Etats-Unis consultent cette base de données de plus de 230 millions de fois par an, le Royaume-Uni plus de 140 millions de fois, les Emirats Arabes Unis plus de 100 millions de fois et Singapour plus de 29 millions de fois. Pas un de ces pays, voire aucun pays membre d’Interpol, n’a dit que le temps de réponse était trop lent« ,

 

précise l’Agence, qui pointe du doigt le laxisme de la Malaisie en matière de sécurité :

« La vérité est qu’en 2014, avant la disparition tragique du vol de Malaysia Airlines MH370, le ministère de l’Immigration de la Malaisie n’a pas interrogé une seule fois  les bases de données d’Interpol pour contrôler les passeports des passagers. « 

 

On se souvient que deux citoyens Iraniens ont pu monter à bord du vol MH370 de Malaysia Airlines avec des passeports Autrichien et Italien volés, révélant de la part des autorités Malaysiennes une absence de réel contrôle.

> Lire : Disparition du vol MH370 : le mystère s’épaissit (09/03/2014)

La présence de ces deux passagers à l’identité usurpée a ouvert la voie à toute sorte de spéculations sur une implication terroriste dans la disparition du vol MH370.

Même s’il a été établi que ces deux Iraniens n’avaient aucun rapport avec une entreprise terroriste, l’affaire pourrait se déplacer sur le terrain juridique : si l’épave du Boeing 777-200ER de Malaysia Airlines ne devait jamais être retrouvée, ou si l’analyse des enregistreurs de vols ne répondait pas à la question de savoir pour quelle(s) raison(s) le vol MH370 a dévié de sa route initiale vers Pékin, les avocats des familles des victimes auraient beau jeu de chercher des responsabilités tout azimut pour trouver des réparations financières face au préjudice subi par leurs clients.

C’est ce que laisse entendre très clairement le même communiqué d’Interpol :

« S’il devait y avoir une quelconque responsabilité ou faute dans cet échec, elle incomberait uniquement au ministère de l’Immigration de la Malaisie ».

 
 

Cette ultime affaire met en exergue les errements de communication, voire l’embarras des autorités Malaysiennes, face à la disparition toujours inexpliquée du vol MH370, trois semaine après les faits.

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> Voir notre dossier spécial : vol MH370

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