Vol MH370 : comment est-on certain qu’il s’est abîmé dans l’océan Indien ?

Zoom sur la carte du site ellipsoide.org, partie Sud.

Le deuxième scénario envisagé par Air Info se révèle le seul possible, aujourd’hui 25 Mars 2014

 

Plus aucun doute n’est permis après les analyses complémentaires effectuées par le réseau satellitaire Britannique Inmarsat, rendues publiques aujourd’hui 25 Mars : le Boeing 777-200ER de Malaysia Airlines s’est abîmé dans l’océan Indien. Sa trajectoire peut-être évaluée avec précision. Son point d’impact reste à déterminer.

 

Cet article contient :

  1. un rappel sur les communications satellitaires du vol MH370 : ici
  2. les analyses d’Inmarsat ayant conduit à l’élimination d’une hypothétique trajectoire vers le Nord : ici
  3. la position du vol MH370 (carte) lors de son dernier « ping » en fonction de sa vitesse de croisière : ici

 

Comment le vol MH370 a-t-il continué de communiquer avec le satellite d’Inmarsat ?

Le Boeing 777-200ER de Malaysia Airlines était équipé d’un système de communication par satellite via le réseau Inmarsat-3, notamment pour la transmission de différents paramètres de vol (système ACARS). Les informations sont transmise à une station au sol via satellite.

La transmission des données a été interrompue (selon toute vraisemblance, de façon intentionnelle) peu de temps après le dernier contact du pilote avec le contrôle aérien Malaysien. En revanche, le « modem » satellitaire à bord de l’appareil a continué de fonctionner. Il ne peut être éteint que par une équipe technique lorsque l’avion est posé.

Si la station au sol ne reçoit aucune information d’un aéronef pendant une heure, elle transmet un message lui demandant de « se connecter / se déconnecter « , appelé un « ping », en utilisant l’identifiant unique de l’appareil .

Lorsque l’appareil reçoit son identifiant unique, il renvoie un court message indiquant qu’il est toujours connecté. Ce procédé se décrit comme une « prise de contact  » et se déroule automatiquement.

 

À quand remonte la dernière  » prise de contact » du vol MH370 ?

Six « prises de contact » complètes ont eu lieu à intervalles réguliers entre le vol MH370 et la station au sol, après la dernière transmission des données ACARS.

La dernière de ses six « prises de contact » complètes a eu lieu à 00h11 UTC (08h11 heure de Kuala Lumpur).

Une septième « prise de contact » – partielle celle-ci – a eu lieu entre le Boeing 777 et la station au sol à 00h19 UTC (08h19 heure de Kuala Lumpur). Inmarsat n’a pas encore identifié la signification de ce message.

En revanche, l’appareil n’a renvoyé aucune réponse à la station au sol lors de la « prise de contact » suivante effectuée à 01h15 UTC (09h15), indiquant que le vol MH370 n’était plus connecté au réseau.

 

Comment localiser le vol MH370 en fonction de ces données ?

Certains paramètres sont connus avec précision :

  • La position du satellite en orbite autour de la terre
  • Le temps nécessaire pour que le « ping » parvienne, via le satellite, à la station au sol
  • De là, la distance de l’aéronef à partir du satellite

Ces données ont été utilisées pour générer des arcs de positions possibles établissant les couloirs Nord et Sud de part et d’autre de l’équateur.

> Lire : Où se trouve le vol MH370 ? Les deux scénarios possibles (16/03/2014)

A partir de là, Inmarsat a eu recours pour préciser ces données à une théorie bien connue, appelée « effet Doppler« .

Cette théorie prend en compte la vitesse de l’aéronef par rapport au satellite. En fonction de ce mouvement relatif, la fréquence de réception et d’émission du signal sera différente de sa valeur normale, de la même façon que pour un piéton, le bruit d’une automobile change lorsqu’elle s’approche puis passe devant lui alors que sa vitesse peut-être constante.

Inmarsat a analysé la différence entre la fréquence que la station au sol s’attendait à recevoir et celle qui a en fait été mesurée (décalage de fréquence). Cette différence est le résultat de l’effet Doppler.

 

Vol MH370 : contributions de l'effet Doppler au décalage de la fréquence éclatée

Vol MH370 : contributions de l’effet Doppler au décalage de fréquence – Source : AAIB


 

Pour corroborer ces données, Inmarsat a recoupé les informations obtenues à partir de six autres Boeing 777 volant le même jour dans des directions différentes.

Les analyses d’Inmarsat ont conclu à une faible corrélation avec l’hypothèse du couloir Nord, mais à une bonne corrélation avec celle du couloir Sud.

 

MH370 : analyse du décalage de fréquence - En bleu : la fréquence mesurée effectivement - En rouge : la fréquence attendue pour une trajectoire vers le Nord - En vert : la fréquence attendue pour une trajectoire vers le Nord.

MH370 : analyse du décalage de fréquence – En bleu : la fréquence mesurée effectivement – En rouge : la fréquence attendue pour une trajectoire vers le Nord – En vert : la fréquence attendue pour une trajectoire vers le Nord. – Source : AAIB

 
 

Comment en vient-on à la conclusion que le vol MH370 s’est abimé dans l’océan Indien ?

A un moment donné entre 00h11 UTC et 01h15 UTC (08h11-09h15 heure de Kuala Lumpur), le vol MH370 n’a plus été en mesure de communiquer avec la station au sol.

Ceci est cohérent avec le rayon d’action maximal de l’aéronef en fonction de son emport de carburant au décollage.

Le vol MH370, qui a quitté Kuala Lumpur pour Beijing à 00h41 le 8 Mars, avait assez de carburant pour voler jusqu’à 08h30.

Selon les données satellitaires et les nouveaux calculs d’Inmarsat, il survolait nécessairement l’océan Indien.

Il n’y a aucune piste d’atterrissage, ni aucun terrain, aux endroits possibles où l’appareil se trouvait à ce moment-là.

Ces endroits figurent sur l’arc bleu sur la carte ci-dessous.

En fonction de sa vitesse de croisière, on peut calculer sa position sur cet arc bleu à 08h11.

 

Vol MH370 : positions à 08h11 en fonction d'une vitesse de croisière constante à 833 km/h (en jaune) ou à 740 km/h (en rouge)

Vol MH370 : positions à 08h11 en fonction d’une vitesse de croisière constante à 833 km/h (en jaune) ou à 740 km/h (en rouge)


 
 

Comment déterminer le point d’impact avec l’océan Indien ?

Pour déterminer le lieu du crash, qui permettrait de commencer les recherches de l’épave, les enquêteurs disposent de plusieurs pistes.

Après 00h11 UTC (08h11 à Kuala Lumpur), l’appareil a pu continuer sa course pendant 19 minutes au maximum, mais cette incertitude sur l’heure de l’impact élargit la zone des recherches portant pour l’instant sur des débris éventuels.

La « prise de contact » partielle à 00h19 (08h19) avec la station au sol est en cours d’analyse. Les résultats pourraient apporter de nouveaux éléments (heure à laquelle les moteurs ont cessé de fonctionner ?)

La vitesse de croisière reste à estimer plus finement pour préciser la fin de course du vol MH370.

La récupération de débris du vol MH370 est cruciale pour fournir certains éléments précieux comme une estimation de la localisation de l’épave, en fonction d’une modélisation de la dérive de ces objets en fonction des vents et des courants.

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> Lire notre dossier spécial : vol MH370

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Sources :

Inmarsat

Malaysia Airlines

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