[Maj 2] Vol MH370 : ce qu’ont vu les satellites Français

© Astrium

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La France a confirmé le 23 Mars avoir remis à la Malaisie des données satellitaires identifiant des objets flottants pouvant provenir du vol MH370 disparu. Ces images sont toutefois d’une nature différente des observations Américaines et Chinoises. La France annonce mobiliser des moyens supplémentaires.

 

– MAJ 2 = Article  mis à jour le 25 Mars 2014 16h40 : voir ici

– MAJ 1 = Article mis à jour le 24 Mars 2014 10h50 : voir ici

 

La France a remis à la Malaisie des données satellitaires le 23 Mars 2014

Dans le respect des règles protocolaires, c’est de Malaisie qu’est d’abord venue l’information dimanche 23 Mars : la France a remis aux autorités en charge de l’enquête sur la disparition du Boeing 777-200ER de Malaysia Airlines des données satellitaires d’objets flottants à proximité de la zone des recherches actuellement en cours au large de l’Australie Occidentale.

La ministre des Transports Malaysien a indiqué notamment sur sa page Facebook qu’après les Etats-Unis le 16 Mars et la Chine le 18 Mars, la France a également fourni des « images satellites » d’objets qui pourraient provenir du vol MH370, situés à proximité de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler le « couloir Sud » pour indiquer la route vraisemblable de l’appareil au dessus de l’Océan Indien après sa disparition le 8 Mars 2014. Les données en provenance de Paris ont été immédiatement remises à l’Australie qui supervise les opérations de recherches.

 

Des images d’une nature différente

Toutefois, alors que les Etats-Unis et la Chine ont fourni des photographies, les données remises par la France sont en fait des « échos radars ».

« Des échos radars satellites ont identifié des débris qui pourraient provenir de l’avion de Malaysia Airlines. (…) [On voit] ce qui ressemble à des objets à proximité du couloir sud« 

a déclaré le porte-parole du ministère Français des Affaires étrangères, Romain Nadal, lors d’un entretien avec l’Associated Press, avant de préciser :

« Les échos, qui peuvent être convertis en images en noir-et-blanc, n’ont pas la même définition qu’une photographie, mais ils nous permettent d’identifier la nature d’un objet et de le localiser« .

 

Ces images, qualifiées d »un peu floues« , proviennent en effet d’un satellite radar, qui envoie un écho sur la surface de la Terre, contrairement aux satellites optiques, qui la photographie.

Les satellites radars fournissent des images de moins bonne définition que les satellites optiques, mais présentent l’avantage de fournir des données quelles que soient les conditions météorologiques (même en cas d’une abondante couverture nuageuse) ou de luminosité (jour et nuit). Le délai de traitement de ces données peut également être plus court.

 

Des objets situés plus au Nord

Dans un communiqué, le Quai d’Orsay a indiqué que les objets flottaient dans l’océan Indien à environ 2.300 kilomètres au large de Perth en Australie, mais n’a fourni aucune précision sur la date ou leur direction.

C’est du ministère Australien des Transports et des Infrastructures, Warren Truss, qu’on a appris ce lundi 24 Mars au matin lors d’une interview à la radio que les débris identifiés par le satellite radar Français étaient localisés à environ 800 kilomètres plus au Nord de ceux montrés par les satellites optiques Américains et Chinois la semaine dernière, laissant indiquer qu’ils pourraient s’agir d’objets différents.

Au même moment, l’autorité Australienne en charge des opérations dans l’Océan Indien Sud, l’AMSA, annonçait dans son communiqué quotidien qu’aujourd’hui, les recherches seraient « divisées en deux zones dans une même région couvrant une surface cumulée de 68.500 kilomètres carrés« .

Cliquer sur une image ci-dessus pour l’agrandir

Si les déclarations du Ministre des Transports Australiens sont exactes, la zone des recherches d’aujourd’hui, telle qu’indiquée par l’AMSA, ne tient pas compte des informations fournies par Paris.

Au surplus aucune mention n’est faite dans ce communiqué des données satellitaires Françaises, bien que l’AMSA précise qu’elle « utilise toutes les images et informations disponibles pour ses opérations« .

Il est vrai qu’il est rarement fait état des des satellites radars et que les données qu’ils transmettent sont extrêmement protégées pour des questions de sécurité nationale. La France vient de rappeler au monde qu’elle en disposait.

 

La France va mobiliser plus de moyens

« La France a décidé de mobiliser des moyens satellitaires complémentaires afin de poursuivre la recherche sur la zone identifiée. Les résultats seront immédiatement transmis aux autorités Malaysiennes »,

a affirmé dans une déclaration le porte-parole du ministère Français des Affaires Etrangères.

Outre des satellites radars, la France dispose également de satellites optiques, notamment ceux du système Hélios.

> Lire les informations du Ministère Français de la Défense sur le programme Hélios II

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Sur zone ce lundi 24 Mars, les opérations sont rendues compliquées par une météo défavorable : l’AMSA précise ce matin que les conditions se dégradent.

Pour ne rien arranger, le cyclone tropical Gillian, actuellement centré sur les îles Christmas, se dirige vers le Sud, à plus de 1.000 kilomètres de la zone des recherches. L’activité cyclonique s’estompera au fur et à fur de sa progression vers les eaux froides mais pourrait dégrader davantage encore les conditions météo.

Le cyclone tropical Gillian

Le cyclone tropical Gillian s’approche de la zone des recherches pour retrouver les débris du vol MH370


 
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Maj 1 = 24 Mars 2014 – Le Ministre Malaysien des Transports, M. Hishammuddin, a confirmé lundi soir à Kuala Lumpur (10H45 heure de Paris) que la France a remis aux enquêteurs une nouvelle série d’images, cette fois-ci capturées par des moyens optiques (et non plus radars).

Ces données ont été remises aux équipes de recherche sur place en Australie.

M. Hishammuddin a par ailleurs confirmé que les images radars remises par les autorités Françaises datent du 21 Mars 2014, soit 3 jours après celles fournies par la Chine et 5 jours après celles fournies par les Etats-Unis.

Au total, les équipes de recherches disposent à présent de quatre séries de données satellitaires : une Américaine, une Chinoise, et deux Françaises.

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Maj 2 = 25 Mars 2014 – Un navire Chinois est parvenu sur les lieux où les satellites Français ont repéré des objets flottants. Aucun débris provenant du vol MH370 n’a été repéré. Une revanche, selon le compte officiel des Autorités Chinoises sur Twitter, la carcasse d’une baleine de 15 mètres de long a été observée.

 
Et les internantes de s’en donner à coeur-joie : « on peut repérer la carcasse d’une baleine depuis un satellite mais pas un Boeing 777 », dit l’un :

 

ou encore : « frappée par un avion », ironise un autre :

 

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Les recherches du Boeing 777-200ER s’avèrent longues et difficiles.

Aucun débris du vol MH370 n’a encore été identifié par l’oeil humain et rien ne permet de localiser l’épave de l’appareil dans l’immensité océanique.

Or c’est dans l’épave que se situent les « boites noires » dont la récupération est indispensable pour comprendre les événements. Ces enregistreurs de vol cesseront d’émettre les signaux aidant à leur recherche, localisables à seulement 3.000 mètres de distance, dans un délai d’un mois après l’accident, soit dans une quinzaine de jours.

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> Voir notre dossier spécial : vol MH370

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