Airbus A380 en Inde : Emirates déçue, Singapore Airlines autorisée, Air India menacée

Airbus A380 de Singapore Airlines. - © Singapore Airlines / H. Doussé

Airbus A380 de Singapore Airlines. – © Singapore Airlines / H. Doussé

L’inde avance à grand pas pour accueillir prochainement l’A380. Mais les décisions prises après la levée d’interdiction à l’encontre du super Jumbo d’Airbus ne conviennent pas à tous les opérateurs.

Annoncée par le gouvernement Indien le 27 Janvier, l’exploitation de l’Airbus A380 restait soumise à une révision des accords bilatéraux.

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Singapore Airlines autorisée à exploiter l’A380 vers l’Inde

Après Dubai, Singapour est parvenu à un accord avec le gouvernement Indien : une révision du traité aérien entre les deux pays a été signée à Hyderabad lors du salon aéronautique India Air Show 2014 plus tôt ce mois-ci.

La précédente révision de l’accord bilatéral est intervenue en Avril 2013, autorisant Singapore Airlines à augmenter ses capacités de 10% pour les porter à 29.000 sièges hebdomadaires, tout en continuant à exclure l’Airbus A380 des appareils autorisés.

Mais moins d’un an plus tard, avec la croissance du trafic aérien, la compagnie de Singapour a consommé la presque totalité de ses capacités supplémentaires.

Le nouveau traité signé ce mois-ci l’autorise à déployer son super Jumbo vers tous les aéroports Indiens certifiés pour le recevoir (ceux classés en catégorie F, comme Bombay).

Selon le directeur général de Singapore Airlines en Inde, David Lau :

« Une exploitation de l’A380 [vers l’Inde] se traduira par une plus grande capacité, ce qui nous permettra de transporter un nombre similaire de passagers tout en opérant moins de vols sur nos routes les plus fréquentées. »

 

A l’heure actuelle, Singapore Airlines dessert six destinations en Inde : New Delhi, Mumbai/Bombay, Bangalore, Chennai/Madras, Calcutta, Ahmedabad.

Quatre aéroports sont certifiés en catégorie F, ou en voie de l’être : Mumbai/Bombay, New Delhi, Bangalore, et Hyderabad que Singapore Airlines ne dessert pas directement mais par l’intermédiaire de sa filiale régionale Silk Air.

L’aéroport de Chennai/Madras est sur le point de s’équiper pour être certifié, ainsi qu’à plus long terme Cochin et Calcutta.

 

Emirates déçue

En Février, les gouvernements Indien et de Dubai ont également procédé à une révision de leurs accords bilatéraux, aux termes desquels les capacités des transporteurs nationaux ont été accrues de 11.000 sièges supplémentaires étalés sur une période de 18 mois, passant ainsi à 64.200 sièges par semaine.

Emirates a exprimé sa déception : ces nouvelles capacités seront absorbées si la compagnie ajoute simplement trois Airbus A380 quotidiens à ses rotations existantes, alors qu’elle opère chaque semaine 185 vols depuis son hub de Dubai vers 10 aéroports Indiens.

Se disant défavorisée, Emirates compare le nouveau traité bilatéral avec celui signé entre l’Inde et Abu Dhabi, qui résulte en un quadruplement des capacités des transporteurs nationaux, portées de 13.300 sièges à 50.000 sièges hebdomadaires.

La compagnie de Dubai réclame une libéralisation totale du ciel Indien, un accord de « Ciel Ouvert » à l’identique de ceux signés avec les Etats-Unis.

Au surplus, les 11.000 sièges supplémentaires autorisés devront être partagés entre les deux transporteurs de Dubai, Emirates et la low-cost FlyDubai, chacune étant détenue par l’Etat.

Alors qu’on s’attendait à l’annonce d’un éventuel déploiement de l’A380 vers l’Inde par Emirates pendant le salon aéronautique d’Hyderabad la semaine dernière, la compagnie dit attendre que ses autorités nationales fassent connaître la répartition des sièges supplémentaires entre les deux transporteurs du pays.

En fait, si le gouvernement Indien se montre timoré dans l’allocation de capacités supplémentaires, c’est afin de protéger sa propre compagnie, Air India.

 

Air India menacée

Depuis la mise en service de l’A380 en Octobre 2007 jusqu’au début de cette année, New Delhi a maintenu l’interdiction d’opérer le super Jumbo sur son territoire par crainte de nuire aux intérêts de sa compagnie nationale, Air India.

Le lobbying intensif exercé par Emirates et finalement l’argument selon lequel une augmentation des capacités entrainerait une baisse du prix des billets et profiterait à l’économie Indienne ont eu raison de la réticence du gouvernement Indien.

Mais dans cette course aux capacités, voire à l’augmentation des fréquences, Air India ne peut pas suivre : fortement endettée, déficitaire et en sureffectif chronique, la compagnie ne peut investir suffisamment, et peine à se restructurer pour rester compétitive face à ses concurrents.

En outre, si Emirates doit partager ses droits de trafic avec sa consoeur nationale FlyDubai, Air India doit de son côté partager les siens avec une myriade de transporteurs Indiens.

Cependant, Air India, qui ne dispose d’aucun A380 dans sa flotte, ne devrait être affectée que marginalement par l’arrivée du super Jumbo en Inde : ni ses vols intérieurs, ni ses opérations vers  le reste de l’Asie ou vers l’Australie ne seront vraiment impactés, les voyageurs gardant une préférence pour des vols sans escale ou sans détour significatif.

En revanche, ses services vers l’Europe risquent de subir la concurrence accrue d’Emirates qui, en augmentant ses capacités, pourra baisser ses prix.

Vers ce continent, Air India dessert quatre destinations, contre une trentaine pour Emirates.

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