Disparition du vol MH370 : la piste terroriste s’éloigne. Un détournement ou une action suicidaire ?

Zone des recherches du vol MH370 - Mardi 11 Mars 2014

Zone des recherches du vol MH370 – Lundi 10 Mars 2014

> Voir notre dossier spécial « Vol MH370 », regroupant tous nos articles sur le sujet (les plus récents en premier)

Quatre jours après la disparition du vol de la Malaysia Airlines 370, les résultats de l’enquête menée par les différentes autorités rendent de moins en moins crédible la piste d’un acte terroriste ou d’une explosion en plein vol. Les investigations se portent à présent sur le profilage psychologique des passagers et des membres de l’équipage tandis que la zone de recherche continue de s’étendre.

De nouveaux éléments remettent en cause la piste terroriste, voire la « filière Iranienne » :

Les deux passagers voyageant avec des passeports volés n’ont aucun lien avec le terrorisme, selon Interpol

D’origine Iranienne, Les deux passagers voyageant avec des passeports volés en Thaïlande cherchaient à immigrer illégalement en Europe. L’antenne iranienne de la BBC rapporte le témoignage d’un ami également Iranien d’un des jeunes hommes. L’entretien téléphonique a été recueilli par le correspondant de la BBC à Téhéran et rapporté par le journal The Guardian.

« Un de ces deux hommes était mon ami au lycée  » , a dit un Iranien anonyme au service persan de la BBC lundi par téléphone depuis la Malaisie .

 » Je l’ai rencontré le premier jour, il est arrivé en Malaisie … il a dit qu’il était descendu pendant trois à quatre jours, mais qu’il se rendait en Allemagne , que sa destination finale était Francfort.

Il est resté pendant près d’une semaine en Malaisie . La nuit [ avant le vol ] il est resté chez moi … Nous sommes allés ensemble quand il a réservé les vols et j’ai même eu son numéro de réservation. On a vérifié en ligne l’état ​​de son vol, c’est pourquoi je me souviens du vol qu’il prenait . J’avais vu son numéro de vol  » .

Je les ai accompagnés à l’aéroport . Il était presque 20 heures quand nous sommes partis et nous sommes arrivés vers 21 heures-21h15 à l’aéroport et nous sommes restés dans la voiture pendant quelques minutes et avons bavardé.

La dernière nuit avant le vol , ils ont tous deux séjourné chez moi . Son ami a teint sa barbe et ses cheveux et vérifiait leur couleur pour correspondre à l’image d’un passeport . Il voulait ressembler à la photo du passeport … Quand nous avons imprimé les billets , j’ai réalisé que les passeports étaient faux . Le passeport de mon ami appartenait à un Autrichien et l’ami de mon ami avait un passeport appartenant à un Italien … Ils avaient trois vols à prendre, de Kuala Lumpur à Pékin, de Pékin à Amsterdam je crois, et d’Amsterdam mon ami se dirigeait à Francfort. Son ami allait dans un autre pays ».

L’ Iranien a également déclaré à la BBC que la mère de son ami en Iran a depuis pris contact avec lui et lui a demandé d’informer la compagnie de son faux passeport .

 » Sa mère m’a raconté comment il s’est emparé du faux passeport . Il avait acheté le faux passeport et a voulu aller [ en Allemagne ] pour demander l’asile et sa mère m’a dit que son fils était en voyage avec une autre personne … Mon dernier contact eux deux a eu lieu à 23h30 quand ils ont passé l’immigration. »

Ce matin, les autorités malaises ont dévoilés les photos de deux suspects.

Un officier de la police Malaise montrant une photographie de Pouria Nour Mohammad Mehrdad, âgé de 19 ans, un des deux hommes qui ont embarqué à bord du vol MH370 avec des passeports volés. Photographie : Manan Vatsyayana/AFP/Getty Images

Un officier de la police Malaise montrant une photographie de Pouria Nour Mohammad Mehrdad, âgé de 19 ans, un des deux hommes qui ont embarqué à bord du vol MH370 avec des passeports volés. Photographie : Manan Vatsyayana/AFP/Getty Images

Un officier de la police Malaise montrant les photographies des deux hommes qui ont embarqué à bord du vol MH370 avec des passeports volés., prises par les caméras de surveillance de l'aéroport.

Un officier de la police Malaise montrant les photographies des deux hommes qui ont embarqué à bord du vol MH370 avec des passeports volés., prises par les caméras de surveillance de l’aéroport.

Air Info s’est également procuré une photo des deux jeunes Iraniens prise peu de temps avant leur départ pour l’aéroport de Kuala Lumpur, peut-être par l’ami qui les accompagnait et qui a ensuite joint la BBC.

Pouria, 2ème à gauche, et Reza, 1er à droite, peu de temps avant d'embarquer à Kuala Lumpur pour Beijing à bord du vol MH370. Pouria utilisait le passeport volé d'un citoyen Autrichien et Reza celui de l'Italien.

Pouria, 2ème à gauche, et Reza, 1er à droite, peu de temps avant d’embarquer à Kuala Lumpur pour Beijing à bord du vol MH370. Pouria utilisait le passeport volé d’un citoyen Autrichien et Reza celui de l’Italien.

La tenue des deux hommes sur cette photo (Pouria, 2ème à droite et Reza, 1er à gauche) est identique à celle des photos prises par les caméras de surveillance de l’aéroport.

A présent, les autorités excluent formellement que les deux Iraniens et leur complice qui a acheté pour eux les billets d’avion dans une officine Thaïlandaise soient impliqués dans une action terroriste.

Tout au plus l’enquête a pu démontrer l’existence d’une filière Iranienne d’immigration illégale depuis l’Asie du Sud-Est.

La thèse d’une explosion en plein vol perd aussi de sa substance.

Comme Air info le révélait dès hier 10 Mars, les satellites-espions américains surveillant la zone avec précision n’ont détecté aucun signal d’une quelconque explosion. Il est formellement exclu qu’une déflagration de cette intensité puisse passer inaperçue par de tels satellites chargés justement de détecter le moindre événement de ce genre.

> Lire : 3 jours après sa disparition, toujours aucune trace du vol MH370 (10/03/2011)

Le fait qu’aucun débris n’ait été retrouvé à proximité du point supposé de la disparition du Boeing 777 après quatre jours de recherche par une quarantaine de navires et presque autant d’avions et d’hélicoptères tend également à infirmer cette théorie.

L’extension de la zone des recherches indique que les autorités soupçonnent à présent que l’avion ait pu continuer son vol en échappant à la vigilance des radars dits secondaires.

Ceux sont chargés d’envoyer un signal aux appareils qui communiquent en retour leurs données de vol. Ce dispositif peut-etre interrompu à tout moment par l’équipage : à la réception du signal, l’avion ne renvoie alors aucun message et passe inaperçu auprès des centres chargés du contrôle aérien.

Les radars dits primaires, utilisés par les forces armées, fonctionnent autrement, envoyant un signal d’une fréquence différente qui détecte simplement l’aéronef. A moins d’être furtif, celui-ci n’a aucun moyen d’y échapper, sauf à voler à très basse altitude.

L’étendue de la zone de recherche depuis hier révèle ainsi plusieurs éléments :

  • Les enquêteurs estiment que l’appareil a poursuivi sa route au delà de l’endroit supposé de sa disparition
  • Un événement s’est produit à bord résultant en la coupure des instruments de communication de type ADS-B, ACARS (informant automatiquement le centre opérationnel de la compagnie aérienne des différents paramètres de vol).

Un événement de cette nature peut être soit accidentel (feu dans le cockpit) ou intentionnel (par l’équipage ou une personne tierce).

  • L’appareil a également échappé à la couverture des radars primaires, indiquant soit que cette couverture n’était pas suffisante dans la zone, soit que l’avion y a échappé en volant à très basse altitude.

A ce jour, ces informations sensibles n’ont pas été révélées par les autorités Malaises.

En revanche, celles-ci ont indiqué se pencher maintenant sur le profilage psychologique des membres de l’équipage et des passagers, laissant supposer qu’une ou des personnes à bord du Boeing 777 ait pris le contrôle de l’appareil, soit pour le détourner, soit pour effectuer un crash volontaire.

Depuis ce matin, la zone d’investigation s’étend jusqu’aux surfaces terrestres.

Selon Malaysia Airlines, les autorités ont étendu leurs recherches sur la péninsule de Malaisie, tandis que l’armée Vietnamienne a déclaré que ses unités recherchaient une trace de l’appareil jusque dans des zones de montagnes reculées ou de jungle inhabitées .

Dans un communiqué publié aujourd’hui, Malaysia Airlines a déclaré:

 » Les autorités cherchent la possibilité que le vol MH370 ait chercher à retourner à Subang [près de Kuala Lumpur]. Tous les aspects sont à l’étude, nous n’excluons aucune possibilité. »

Le chef de l’armée de l’air de la Malaisie a déjà indiqué qu’avant d’échapper à leurs signaux, les radars primaires de l’armée suggéraient que l’avion aurait tenté de faire un  demi-tour.

Le lieutenant-général Vo Van Tuan, chef de cabinet adjoint de l’armée vietnamienne, a déclaré à l’Associated Press que des unités militaires cherchaient l’avion  également jusqu’aux frontières avec le Laos et le Cambodge.

 » Jusqu’à présent, nous n’avons trouvé aucun signe [en mer] … Nous devons donc élargir notre recherche sur terre « ,

a-t-il dit.

Pendant ce temps, la Chine a annoncé déployer dix satellites pour détecter les débris de l’appareil.

Le mystère du vol MH370 reste entier, mais peu à peu les hypothèses sur l’origine de sa disparition se resserrent.

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