Qantas en difficulté : comment son plan impacte Airbus et Boeing

Airbus A380 de Qantas

Airbus A380 de Qantas

Essuyant de nouveau de lourdes pertes, Qantas met sur pied un plan de redressement sévère : 5.000 postes supprimés, et 50 appareils retirés ou reportés, dont les 8 Airbus A380 qui restaient en commande.

La perte financière de 210 millions de dollars US pour les six derniers mois de 2013 se solde pour la compagnie Australienne Qantas par un plan de redressement aussi drastique que tardif.

Présenté ce matin depuis Sydney, il prévoit la suppression de 5.000 emplois, soit 15% de ses effectifs, ainsi qu’un gel des salaires jusqu’au retour aux bénéfices sur au moins une année pleine. Qantas est à la recherche de gains de compétitivité, pour mieux affronter sa concurrente Virgin Australia ou les low-cost Asiatiques telles que Tigerair, Scoot ou Air Asia.

A ce volet social s’ajoutent une réduction et une réorganisation draconiennes de la flotte : 50 appareils vont être retirés ou non livrés, dont les 8 Airbus A380 restant en commande ainsi que les 3 derniers Boeing 787-8 sur les 14 destinés à sa filiale low-cost Jetstar.

Concernant l’A380, il s’agit d’un nouveau report de la part de Qantas. Celui-ci augmente le doute sur la capacité de la compagnie Australienne à honorer son contrat pour les 8 derniers exemplaires du super Jumbo, représentant une valeur au prix catalogue 2014 d’environ 3,3 milliards de dollars US.

Sans être de nature à inquiéter Airbus, dont le carnet de commandes pour l’A380 est quasi plein pour les 5 ans à venir, la nouvelle, en provenance d’une des compagnies de lancement, doit cependant laisser un goût amer à l’avionneur Européen qui peine à trouver de nouveaux acquéreurs pour son géant des airs.

Par ailleurs, Qantas précipite le retrait de six de ses Boeing 747-400, ceux qui n’ont pas encore été rénovés. Les Airbus A330 en service sur les lignes intérieures vont être redéployés principalement sur le long-courrier. Ces deux mesures permettront une diminution des coûts ainsi qu’une réduction de l’offre en sièges sur le marché Australie – Asie, en situation de nette sur-capacité.

Au surplus, Qantas supprime de son réseau la liaison Perth-Singapour, et laisse sa filiale low-cost Jetstar, à la structure de coûts plus compétitive, affronter Tigerair et Scoot, les propres filiales à bas coût de Singapore Airlines.

Pour sévère qu’il soit, ce plan arrive tardivement. Tous les indicateurs étaient au rouge. Outre la perte financière, les opérations de Qantas sur les six derniers mois de 2013 se sont soldées par une baisse du Chiffre d’Affaires de -4% sur 1 an, aggravée par une augmentation des coûts de +1,6%, alors que le nombre de passagers augmentait de 2% mais le coefficient de remplissage baissait lui de -1,5%.

Le PDG de la compagnie, Alan Joyce, plus impopulaire que jamais, aura au moins le mérite de s’atteler à des mesures devant lesquelles ses prédécesseurs ont reculé.

Il n’a pas hésité à briser un tabou en demandant le soutien de l’Etat Australien, qui pourrait répondre favorablement, notamment en levant les restrictions sur l’actionnariat étranger de Qantas, actuellement limité à 49%, ou en lui accordant une garantie sur les dettes.

Le gouvernement de Canberra a indiqué vouloir rétablir l’équilibre entre Qantas et Virgin Australia : cette dernière est aux mains de Singapore Airlines, Air New Zealand et Etihad Airways, toutes les trois entreprises d’Etat placées sous la tutelle de leur gouvernement respectif.

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