Singapore Airlines : pourquoi ses bénéfices chutent de 65%

Boeing 777-300ER de Singapore Airlines. - © Singapore Airlines

Boeing 777-300ER de Singapore Airlines. – © Singapore Airlines

Singapore Airlines a publié le 6 Février 2014 les résultats du 3ème trimestre de son exercice fiscal, arrêté au 31 décembre 2013. Si la compagnie de Singapour enregistre d’excellentes performances, celles de ses filiales restent préoccupantes. Singapore Airlines justifie ces résultats contrastés par des éléments passagers ou conjoncturels, qui, au-delà de l’explication officielle, soulignent un certain manque de lisibilité dans la stratégie du groupe.

Des résultats contrastés…

La baisse brutale du bénéfice net (-65% par rapport à la même période de 2012) reste l’élément le plus significatif des résultats publiés cette semaine par le groupe Singapore Airlines. Si le chiffre d’affaires reste stable (+0,4%), les coûts maîtrisés (-0,2%), et si le bénéfice opérationnel du groupe progresse de plus de 15%, la ventilation des chiffres au sein des différentes filiales laisse apparaître de forts déséquilibres.

La compagnie Singapore Airlines (SQ), porte-étendard de SIA group, voit son bénéficie opérationnel bondir de 49%, signe de l’excellente santé du transporteur longue-distance. En revanche, celui de la filiale régionale, Silk Air (MI), s’effondre littéralement à -82%, impactant négativement l’ensemble du groupe.

Les coefficients de remplissage sont tout aussi contrastés : d’une remarquable stabilité chez Singapore Airlines (+0,1%), ils reculent nettement chez Silk Air (-5,3%).

Le coût unitaire par passager recule de façon identique chez les deux compagnies, à -0,2%, mais celui de la filiale régionale reste toutefois supérieur à celui la compagnie long-courrier (9,6 contre 8,9 centimes/ASK).

Une conjoncture difficile et des éléments exceptionnels

SIA group justifie ces résultats par une conjoncture difficile et par la prise en compte d’éléments exceptionnels.

Selon le groupe, la concurrence intensive avec les compagnies low-cost expliquent les mauvaises performances de Silk Air. L’augmentation des capacités n’a pas suffit à contrer l’expansion des concurrents et s’est soldée, en raison d’une guerre des prix, par une baisse des revenus unitaires ainsi que par une baisse du coefficient de remplissage, d’où l’effondrement du bénéfice opérationnel de la compagnie régionale.

Par ailleurs, le bénéfice net du groupe tient compte d’éléments exceptionnels, tels que le paiement d’une somme de 78 millions de dollars en règlement d’un contentieux judiciaire aux Etats-Unis (vieux de 7 ans, et encore sujet à appel) ou la dépréciation d’actifs chez sa filiale régionale low-cost Tiger Airways.

Sans ces éléments exceptionnels et ces dépréciations d’actifs, le bénéfice net du groupe aurait progressé de 23% au lieu de chuter de 65%, explique le communiqué.

La stratégie du groupe en question

Il faudra patienter jusqu’à la publication des résultats annuels, après la clôture de l’exercice au 31 mars 2014 pour tirer des conclusions. Il n’en demeure pas moins que ces résultats trimestriels mettent en lumière ce que certains analystes soulignent depuis quelques temps déjà, à savoir un manque de lisibilité, sinon de cohérence, dans la stratégie de SIA group.

C’est la stratégie suivie pour ses filiales, et notamment pour Silk Air, qui soulève quelques questions.

Malgré un chiffre d’affaires et un trafic passagers tous les deux en hausse, le bénéfice opérationnel de Silk Air ne cesse de reculer depuis 2011 (perdant 20% en 2 ans au 31 mars 2013), comme son coefficient de remplissage en baisse constante depuis 2010 (-3,5 points en 3 ans), alors que le nombre d’appareils dans la flotte continue de progresser.

Ces éléments méritent d’autant plus d’attention qu’à fin 2013, la flotte de Silk Air comptait 24 Airbus de la famille A320, alors qu’elle s’apprête à recevoir pas moins de 54 Boeing 737-8 destinés au remplacement de son parc aérien actuel ainsi qu’à l’expansion de son réseau.

> Voir l’article d’Air Info : Silk Air : début d’une flotte « tout Boeing » (04/02/2014)

Le dynamisme du marché du Sud-Est Asiatique ne suffira pas à lui seul à donner un second souffle à une compagnie subissant déjà une intense concurrence, selon l’aveu de SIA group lui-même.

Les compagnies low cost ne sont pas seules en cause. A défaut de pouvoir les contrer frontalement, Silk Air, qui voudrait passer pour une compagnie régionale premium, doit améliorer son produit, notamment celui de sa classe avant, en retrait de celui offert par certains concurrents comme Dragonair (KA), filiale régionale de Cathay Pacific (CX).

Sans une révision de son modèle ou de son positionnement, Silk Air encourt le risque de devenir le maillon faible de SIA group. Les résultats annuels dans deux mois diront si cette tendance s’avère ou pas.

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