Emirates déploie l’A380 vers Barcelone

A380 en vol- © Emirates

A380 en vol- © Emirates

A compter d’aujourd’hui 1er Février 2014, Emirates relie son hub de Dubai à Barcelone par un vol quotidien en Airbus A380. Un événement remarquable pour une route ouverte il y a dix-huit mois.

Lorsque le vol EK185 se posera à l’aéroport de Barcelone El-Prat à 12h10 heure locale, la capitale Catalane deviendra la 26ème ville dans le monde desservie par le Super Jumbo d’Emirates, et la 8ème en Europe après Londres Heathrow, Paris Charles de Gaulle, Manchester, Rome, Munich, Amsterdam, Moscou et Zürich. Emirates deviendra aussi la première compagnie à assurer un vol régulier en A380 vers Barcelone, après deux vols de démonstration en Février et Mars 2013.

L’arrivée à Barcelone du premier vol régulier en A380 confirme son statut de plateforme intercontinentale…

Le privilège d’accueillir le Super Jumbo d’Airbus consacre l’internationalisation croissante de l’aéroport, à la 10ème place en Europe pour le trafic passager. Le nombre de ses liaisons intercontinentales a progressé de plus de 60% en 3 ans. L’aéroport est aujourd’hui reliée par des vols directs à l’Amérique du Nord (New York, Miami, Philadelphie, et de façon saisonnière, Montréal, Toronto, Charlotte et Atlanta), à l’Amérique de Sud (Bogota, Buenos Aires, Sao Paolo), au Moyen Orient (Amman, Doha, Dubai, Tel Aviv), à l’Afrique du Nord (Casablanca, Tanger, Tunis) et à l‘Asie (Singapour).

La route Dubai – Barcelone a été ouverte par Emirates en Juillet 2012. Il n’aura donc fallu que 18 mois au transporteur Emirati pour envoyer son navire amiral vers une ville délaissée par le transporteur « national », la compagnie Iberia. Mais ses concurrentes semblent déterminer à ne pas laisser la place libre.

Le 5 mai, c’est Air China qui reliera Beijing à Barcelone sur la base de 4 fréquences hebdomadaires, via Vienne dans un premier temps.

> Lire notre article : Air China se pose à Honolulu, bientôt à Barcelone (21/01/2014)

Les autres compagnies Espagnoles ne sont pas en reste non plus : Air Europa s’apprête à desservir Abu Dhabi depuis Barcelone, à raison de 4 vols par semaine, avec à la clef un accord de partenariat avec la compagnie Etihad.

> Lire notre article : Air Europa ouvre Abu Dhabi et se rapproche d’Etihad (21/01/2014)

Même la low-cost Vueling s’y met : elle vient de se voir accorder des droits de trafic pour desservir l’Arabie Saoudite, vraisemblablement depuis Barcelone.

> Voir notre article : Vueling autorisée à voler vers l’Arabie Saoudite (12/01/2014)

Pourtant Vueling appartient au même groupe qu’Iberia (IAG, qui comprend également British Airways).

Les compagnies Européennes face à ce déferlement

La torpeur à laquelle semble succomber Iberia surprend quand on connaît le dynamisme de ces régions. Les seuls échanges économiques entre l’Espagne et les Emirats ont progressé de 75% en 3 ans, selon les chiffres du PDG d’Etihad.

De fait, l’arrivée du Super Jumbo d’Emirates à Barcelone fait figure de pied-de-nez à l’encontre des compagnies Européennes, et d’Iberia en premier lieu. Si celle-ci préfère se concentrer sur son hub de Madrid, axé sur les Amériques, elle semble avoir définitivement oublié l’Orient, proche ou extrême : elle ne dessert aucune destination en Asie, dans le Golfe ou en Afrique Orientale.

Emirates, mais aussi Qatar Airways et Etihad au travers de son partenariat avec Air Europa, entendent bien profiter de cette erreur stratégique.

Surtout, en remplaçant sur la route Dubai – Barcelone le B777-300ER qu’elle opérait jusqu’à présent par un A380 de 517 places (dont 14 en suites Première Classe, 76 en Affaires et 427 en Economie), Emirates provoque une augmentation spectaculaire des capacités en sièges de 44%. L’augmentation est aussi très sensible sur les « classes avant » de l’appareil, Première et Affaires, les plus rémunératrices.

A cette ambitieuse politique de l’offre répond la prudente maîtrise des capacités engagée par les trois « majors » Européennes, Air France, British Airways et Lufthansa. En raison de leur coût unitaire plus élevé, elle ne peuvent répliquer ouvertement.

Leur salut viendra dans la montée en gamme de leurs produits et dans la constitution ou le renforcement d‘alliances globales avec des partenaires d’autres continents.

Face aux plus de 110 A380 qu’Emirates doit encore recevoir d’ici à la prochaine décennie, la course à la taille critique ne fait que commencer.

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