Airbus étudie un A330 « NEO »

Les Airbus A350 et A330 en vol - © 2013 Airbus

Les Airbus A350 et A330 en vol – © 2013 Airbus

Airbus voudrait appliquer à son bi-réacteur long-courrier A330 le même traitementqu’à son best-seller, l’A320, en l’équipant de nouveaux moteurs plus performants et plus économes en carburant. C’est ce qu’indiquent plusieurs sources du secteur aéronautique, industriels et analystes financiers.

Avec presque 1300 exemplaires commandés dont plus de 1000 livrés, l’A330 dans sa version actuelle continue d’enregistrer des ventes impressionnantes malgré ses vingt ans d’âge. Il est aidé en cela par les délais de livraisons de son successeur programmé, l’A350, plus moderne mais aussi plus onéreux, comme son concurrent de chez Boeing, le 787.

Toutefois, Airbus doit s’assurer de maintenir un carnet de commandes suffisamment rempli pour la deuxième moitié de la décennie, au moment où la plus petite version de l’A350, le modèle -800, semble ne pas rencontrer le succès escompté : seuls 48 appareils (sur un total de 814 pour toutes les versions confondues de l’A350) restent en commande après l’annulation de Tunisair en juin dernier ou les conversions d’Aeroflot en octobre et d’American Airlines en décembre, qui toutes deux lui préfèrent le modèle supérieur, le -900.

Dans une nouvelle version re-configurée, rajeunie et re-motorisée, l’A330 pourrait satisfaire les compagnies que n’intéressent pas nécessairement les performances opérationnelles de l’A350 ou du B787. Le directeur de la la compagnie malaisienne à bas coût Air Asia X, Tony Fernandes, fidèle client d’Airbus, s’est d’ailleurs exprimé dans ce sens encore récemment. Son intérêt pour les versions re-motorisée n’est d’ailleurs plus à démontrer : en 2011, il n’a pas hésité à commander 300 exemplaires de l’A320 NEO fraichement lancé.

Le succès de ce dernier pourrait inspirer le constructeur Européen. Le coût d’un tel programme, voisin d’un milliard de dollars, reste bien inférieur au lancement d’un tout nouveau modèle, avec l’avantage que les motoristes comme Rolls-Royce ou General Electric prendraient à leur charge une bonne partie des coûts de développement.

Sur la plan financier, l’affaire pourrait donc se révéler intéressante pour Airbus, qui cherche à augmenter sa rentabilité. C’est en fait Boeing qui pourrait faire les frais d’un programme A330 NEO. Si ce projet aboutissait, le constructeur américain pourrait devoir consentir d’importants rabais pour son 787, notamment dans ses versions -800, afin de rester compétitif face l’A330 NEO qui, selon toute vraisemblance, devrait être proposé à un prix inférieur.

Enfin sur le plan industriel, le développement d’un A330 NEO permettrait à Airbus de mettre fin au programme A350-800 déjà mal au point, pour se concentrer sur d’autres versions plus porteuses comme un hypothétique A350-1100 de 400 places qui viendrait concurrencer le nouveau modèle de Boeing, le 777X.

Airbus a nié jusqu’à présent tout intérêt pour re-motoriser l’A330. Il pourrait amorcer un changement de cap à 180° lors de sa prochaine conférence de presse, ce lundi 13 janvier.

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